Tsunami :
on savait depuis début juillet.

 

Je vous transmets un article récent publié dans un hebdomadaire français et consacré au tsunami du 26 décembre ou plus exactement à ce qui s’est passé avant. Edifiant. Avec les recherches tomographique qui se faisait dan sla régions, la présence de navires et porte-avion américains, des baleines qui se sont échouées en

Tsunami : on savait depuis début juillet
« Personne ne peut prévoir avec précision quand un tremblement de terre surviendra mais il est clair que cette zone était relativement à haut risque… Nous avons prévenu qu’il y aurait des morts, des immeubles détruits, des vies anéanties. Mais nous parlions à des sourds. Avec mon équipe, nous avons décidé, passant par-dessus les gouvernements nationaux et provinciaux, de nous adresser directement aux gens. J’espère que nos efforts ont sauvé quelques vies. »

Sidération planétaire

Celui qui s’exprimait ainsi au cours d’une récente conférence de presse, Kerry Sieh, est professeur de géosismique à l’Institut californien de géologie, spécialiste des séismes pour la région située au nord de Sumatra. Depuis dix ans, ayant installé des capteurs sur les îles Mentawaï, il surveille une zone qui s’est trouvée à proximité de l’épicentre du cataclysme. Au mois de juillet, persuadé de son imminence et ne parvenant pas à y intéresser les responsables gouvernementaux, il fit apposer 5000 affiches dans la zone tandis qu’il prononçait dans les lieux de culte et les écoles des conférences au cours desquelles il conseillait à la population de quitter les sites côtiers.

Deux semaines avant Noël, Kerry Sieh, intervenant lors de la réunion annuelle de l’Union géophysique américaine à San Francisco, s’inquiétait à nouveau de l’inéluctabilité d’un tremblement de terre et d’un tsunami géants dans la région de Sumatra.

On mesure l’importance d’une telle information, complètement occultée par le gros média international. Dans le déferlement de bourrage de crâne humanitariste visant à rassembler le plus d’argent possible afin de reconstruire, à l’identique, ce qui a été détruit, de tels propos sentent le soufre. D’autant que, envoyés spéciaux et correspondants des radios et télévisions françaises ne se privèrent pas d’accabler, une fois de plus, les Etats développés, accusés de disposer dans le Pacifique de stations sophistiquées de repérages sismiques quand les pauvres pays asiatiques étaient démunis. Pour les ONG, les journalistes et les ministres, il fallait d’abord culpabiliser des populations occidentales qu’on entendait racketter tout en les précipitant, ainsi que l’a justement fait remarquer le Dr Rony Brauman, dans une sorte de sidération planétaire « à la 11 septembre » (2001).

Le tourisme de masse responsable
Les déclarations de Kerry Sieh placent enfin ce drame dans sa juste perspective : on savait, et depuis des années, que cette région était extrêmement dangereuse. On a délibérément installé des dizaines de milliers de touristes dans un piège et autour d’eux on a drainé les millions de coolies nécessaires au bon fonctionnement de cette industrie de masse. Ce tourisme-là, on ne le rappellera jamais assez, est devenu la première activité mondiale. Les sommes qu’il brasse sont pharaoniques, les intérêts qu’il représente ne peuvent même pas être répertoriés tant ils sont puissants et divers, des dizaines de millions de gens en vivent. Les mises en garde d’un spécialiste aussi pointu que Sieh sont donc tombées à plat : pas question, au moment du pactole des « Fêtes », de faire capoter la saison en refoulant la clientèle pour une menace aléatoire.

Or les éléments géophysiques qui ont provoqué près de 200 000 morts dans cette région n’ont nullement changé. Tous les spécialistes en sismologie, soudain alertés, craignent l’occurrence de séismes « en série » ou « clusters quakes ». Un ébranlement de cette ampleur aura des suites dans les semaines et les mois à venir. Certains font observer que de telles secousses (on en a déjà enregistré 2500 depuis le 26 décembre) diffusent des ondes sismique d’un bout à l’autre de la terre. Il suffit que l’une d’elles aborde une région de fragilité pour qu’aussitôt elle provoque la naissance d’un nouveau phénomène. D’ailleurs, s’il avait peu été remarqué, huit jours avant la commotion de Sumatra, un tremblement de terre de 8,1 avait été relevé au large des côtes néo-zélandaises. Les sismologues américains et canadiens s’interrogent sur les conséquences que ces chocs pourraient avoir sur la plaque californienne. Après un tel bouleversement sous-marin, aucun d’entre eux ne se risquerait à parier sur des décennies de tranquillité.

Or, de toutes parts, on s’active à rétablir les conditions permettant au plus tôt la réouverture des pièges mortels que sont les centres de loisirs « paradisiaques », pieds dans l’eau et paillotes au soleil. Le pouvoir sans limite de l’ogre touristique international passe au bulldozer les cadavres et reconstruit sur leur souvenir effacé le terrain de jeux de ceux qui, demain ou après demain, seront à leur tour balayés par l’inéluctable prochain tsunami.

Kerry Sieh en tout cas en est sûr, la zone dévastée le sera à nouveau : « Il existe suffisamment d’indices montrant que la pression s’est accrue sur les plaques tectoniques situées au sud de l’épicentre et que cela annonce un futur tremblement de terre d’intensité majeure. »

Article de René Blanc paru dans le n° 2699 de Rivarol du 14 janvier 2005

Ces informations sont recoupées par l’article "Geologist gave repeated alerts" du Sunday Times du 2 janvier 2005 dont voici quelques courts extraits :

« Un géologue connu avait prévenu le gouvernement Indonésien qu’un tremblement de terre entraînant un Tsunami allait très prochainement déferler sur les côtes du pays.
Kerry Sieh, professeur de géologie à la « California Institute of Technology » est un expert de la région, depuis plus de 10 ans. En juillet dernier, son inquiétude était telle qu’il a fait imprimer lui-même des brochures pour prévenir les habitants des îles, qui ont malheureusement été atteintes par la catastrophe. Il y a deux semaines il a répété son inquiétude lors d’une conférence à San Francisco. Ce week-end il a déclaré : « Nos avertissements sont tombés dans des oreilles de sourds ».

Tout cela prouve de façon indubitable :

1°) que, dans des conditions assez précises, on peut plus ou moins prévoir, quelques semaines à quelques mois à l’avance, l’imminence d’un séisme majeur dans une certaine zone. Il serait intéressant de savoir si le même black-out a déjà été opéré sur des séismes majeurs antérieurs et aussi pourquoi rien ne filtre sur des événements sismiques à venir déjà anticipés. Que l’on ne me ressorte pas l’argument éculé que l’on veut éviter de provoquer la panique avec l’annonce d’une catastrophe hypothétique ! On a sûrement préféré leur faire la surprise le 26 décembre…

2°) que, contrairement à ce qui a été complaisamment avancé par les médias aux ordres, la région était sous surveillance. Surveillance effectuée depuis au moins 10 ans par des spécialistes disposant du matériel adéquat et ayant avisés largement à l’avance les autorités. Donc que l’on pouvait largement anticiper et considérablement réduire les dégâts matériels et surtout sauver – au minimum - des dizaines de milliers de vie. Sauf, bien sûr, si parmi les objectifs visés on voulait un gigantesque sacrifice humain et les conditions optimum pour une nouvelle opération de sidération mentale…

3°) que si le professeur Sieh n’a pas pu se faire entendre des autorités indonésiennes que l’on peut toujours accuser (et en grande partie avec raison) d’incompétence crasse, d’ignorance moyenâgeuse, de corruption, etc. il pouvait toujours aviser les autorités américaines. Il est citoyen américain, c’est un scientifique renommé, un spécialiste reconnu de la question et les USA ont de nombreux intérêts économiques et stratégiques dans la région. D’ailleurs, l’a-t-il fait ? Et si oui, quels ont été les résultats de ces démarches ?

4°) que tout le monde savait ce qui allait se produire : la communauté scientifique internationale, les Etats de la région et - au moins - les USA… Pour preuve : le site du Centre National de la Recherche Scientifique français (à l’adresse internet suivante : http://www.insu.cnrs.fr/web/article/art.php?art=1278) qui, dans sa page consacrée au séisme de Sumatra, évoque les travaux du professeur Sieh dans la région mais occulte complètement ses mises en garde répétées…

Les événements soulèvent également un certain nombre d’interrogations.

Les vagues, après avoir ravagé les côtes du Tamil Nadu et du Sri Lanka, balayé les Maldives, avaient encore suffisamment d’énergie pour provoquer d’importants dégâts et tuer des centaines de victimes sur la côte orientale de l’Afrique. Et pourtant on dénombre seulement 2 morts et peu de dégâts au Bangladesh ! Pourquoi les vagues tueuses, qui ont dévasté l’archipel des Nicobar, les îles Andaman, frappé la Birmanie et la côte orientale de l’Inde, ont-elles épargné les plaines côtières du Bengale et les deltas facilement inondables du Gange et du Brahmapoutre situés au fond d’un cul-de-sac naturel ? Quand on connaît les ravages que provoquent le moindre cyclone et les crues périodiques sur ces régions basses et mal protégées par des digues de fortune, on reste perplexe… En 1970, des inondations gigantesques provoquées par un cyclone et un tsunami avaient fait 300 000 morts… On ne peut guère invoquer qu’une propagation principale des vagues selon un axe est-ouest , mais néanmoins, des vagues, certes moins hautes et moins violentes, ont malgré tout frappé de plein fouet la région du Sundarban, une vaste zone de marais littoraux, de mangroves et d’îles basses. Je veux bien croire aux miracles, mais à condition qu’on me les explique de façon satisfaisante ! Soit, effectivement, il n’y a eu ni dégâts ni victimes au Bangladesh (et tant mieux pour les Bengalis qui n’ont vraiment pas besoin de ça) et il faudra démontrer comment la chose est possible ; soit il y en a eu… Et là, il faudra dire pourquoi on a fait le black-out sur l’information.

Quand on prétend que l’on n’a pu joindre aucune autorité dans la région touchée par le tsunami on se moque ouvertement du monde.

La ville-état de Singapour est située sur les rivages du détroit hautement stratégique de Malacca. C’est tout sauf un bidonville pouilleux dans un famélique Etat du Tiers-Monde. Une bonne partie du commerce maritime entre l’Asie du sud-est et l’Occident passe par là : armées, armateurs et assureurs surveillent la zone en permanence surtout qu’à quelques encablures au sud on a le voisin indonésien, le plus grand Etat musulman du monde et une poudrière au bord de l’explosion... Tout ce qui peut menacer la stabilité de la région est sous surveillance permanente parce que les intérêts financiers en jeu sont colossaux (si on se fiche éperdument des populations il n’en est pas de même des investissements).

Les Maldives sont peut-être perdues au beau milieu de l’Océan Indien, mais juste au sud, se trouve les Chagos et la base de Diego Garcia installée sur un atoll corallien très bas sur l’eau. A ma connaissance, aucune information sur les infortunes des « touristes » en tenue camouflée du coin n’a filtré. Ou les dégâts sont classés top-secret (des B52 ou des B1 avec leurs cargaisons de missiles et de bombes en tous genres au fond de l’eau ça fait un peu désordre…) ou bien il n’y en a pas eu... En effet, les scientifiques travaillant pour la National Oceanic & Atmospheric Administration des Etats-Unis ont averti bien à l’avance la base militaire US. Ce qui prouve que l’on dispose dans l’Océan Indien d’un système de détection des tsunamis… au moins pour protéger les bases militaires puisque l’administration US s’est bien gardée de communiquer la même information vitale aux populations de la région !