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n'est pas nécessairement d'accord et/ou n'appuie pas toujours
les propos qu'il publie. C'est dans le but d'être ecclectique
et d'exposer les sus et les vues de différents auteurs
et de vous laissez le droit de juger par vous-mêmes. Amitié,
Nenki.
OVNI:
la retraite à cinquante ans?
Le 8 juillet 1947, le F.B.I.
diffusait un message qui allait lancer la vague des soucoupes
volantes extraterrestres sur Terre. Depuis, les soucoupes volantes,
devenues "objets volants non identifiés", n'ont
plus quitté nos cieux. Des personnes prétendent
même avoir rencontré des extraterrestres. Et la
Belgique a été envahie par une vague d'ovnis. Mais
trop d'histoires d'extraterrestres ne résistent pas à
l'analyse. Un ancien de la SOBEPS explique comment il est devenu
sceptique.
Thierry Veyt est Bruxellois,
moniteur de stage de mathématiques aux Jeunesses scientifiques.
Particularité: pendant dix ans, entre 1981 et 1991, cet
esprit on ne peut plus cartésien a été membre
de la SOBEPS. La SOBEPS est cette asbl qui, en Belgique, étudie
systématiquement les phénomènes d'"objets
volants non identifiés". Cet organisme a acquis,
au fil des années, une solide réputation, même
au niveau international. Une réputation telle qu'après
la vague d'ovnis qui a déferlé sur la Belgique
entre 1989 et 1991, la Force aérienne lui a confié
l'entièreté du dossier.
"A la SOBEPS, j'ai d'abord travaillé comme bibliothécaire.
J'ai également enquêté sur l'une ou l'autre
affaire. Mon but? C'était d'essayer d'expliquer les cas
non identifiés. Cet exercice est intellectuellement très
intéressant".
Comme mathématicien, il se penche notamment sur les légendaires
"virages à angle droit" d'ovnis, considérés
comme impossibles par la physique terrienne (et donc comme un
argument pour les ufologues, ceux qui étudient les ovnis)
et pourtant mathématiquement explicables lorsque des trajectoires
sont vues sous un certain angle.
Après dix ans, Thierry Veyt est viré de la SOBEPS,
avec laquelle il est en procès aujourd'hui. Ses vues étaient
devenues incompatibles avec celles des responsables de cette
organisation.
"Au bout d'un certain temps, on se rend compte que la plupart
des affaires que l'on traite ne reposent sur rien de concret,
explique-t-il. A partir d'un moment, il y a aussi une volonté
inconsciente des ufologues de rester dans le mystère,
de l'entretenir. Moi, j'avais demandé à la SOBEPS
qu'elle constitue un véritable comité scientifique,
avec non seulement des physiciens, mais aussi avec des médecins,
des psychiatres..."
Toujours fasciné par les phénomènes ovnis,
Thierry Veyt est devenu de plus en plus sceptique.
L'affaire Roswell: un folklore
Le scepticisme aurait
dû s'appliquer dès le 24 juin 1947. Un homme d'affaires
américain, Kenneth Arnold, part à bord de son avion
privé, à la recherche d'un appareil qui s'était
écrasé dans la région de Mont-Rainier. Lors
de son vol, il observe une série d'objets volants, de
forme arrondie, en formation, réfléchissant la
lumière du soleil. Après enquête, il s'avéra
qu'il s'agissait de prototypes américains appelés
"crêpes volantes". L'antagonisme avec l'Union
soviétique, à l'époque, a rendu l'information
"top secret". Mais nous n'en sommes pas là.
Par un hasard extraordinaire, quelques jours plus tard, le 8
juillet, un engin de forme arrondie s'écrase sur la base
militaire de Roswell. Très vite, les débris sont
identifiés comme étant ceux d'un ballon-sonde à
vocation météorologique ou, plus vraisemblablement,
d'un ballon-espion secret, chargé de repérer d'éventuelles
incursions aériennes en provenance d'Union soviétique.
Quoi qu'il en soit, cet incident a donné lieu à
un célèbre rapport du F.B.I., interprété
par les ufologues comme la preuve qu'il s'est bien passé
"quelque chose" à Roswell, relative à
un "disque volant". L'affaire a pris d'autant plus
d'ampleur qu'on a eu l'impression, à l'époque,
que les militaires semblaient vouloir l'étouffer.
Que dit le fameux télex du F.B.I.? Très exactement
ceci. "Information concernant un disque volant... Le disque
a une forme hexagonale et a été suspendu par un
câble à un ballon, lequel ballon avait approximativement
vingt pieds de diamètre (...) L'objet trouvé ressemble
à un ballon météorologique de haute altitude
avec un réflecteur radar (...) Disque et ballon ayant
été transportés à Wright Field par
avion spécial pour examen... en raison de l'intérêt
national du cas..."
C'est probablement le réflecteur radar qui, en tombant,
a généré le mythe de la soucoupe volante.
La volonté des militaires d'étouffer l'affaire
et une mauvaise lecture du télex du F.B.I. ont permis
à l'imagination fertile des ufologues de s'engouffrer
dans le cas de Roswell.
Il y a quelques années, une bande vidéo bidon,
diffusée notamment par Jacques Pradel sur TF1, faisait
croire à l'autopsie de l'extraterrestre qui s'était
écrasé avec sa soucoupe. Aujourd'hui, d'après
Time Magazine, 65% des Américains sont convaincus que
c'est bien un OVNI qui s'est écrasé à Roswell,
et 80% se disent persuadés que le gouvernement américain
"sait plus de choses à propos des extraterrestres
qu'il ne veut le dire". Beaucoup sont même convaincus
que l'armée américaine détient, dans une
base secrète, les restes d'extraterrestres au physique
bien défini. D'autres, enfin, font croire qu'ils possèdent
des documents secrets, comme une cassette vidéo...
Tandis qu'à Roswell même, petite ville de 49.000
habitants perdue dans les montagnes du Nouveau-Mexique, les boutiques
de souvenirs font concurrence aux musées pour profiter
de ce que l'on appelle désormais l'Alien business.
Ufologie psychiatrique
L'immense majorité
des cas d'ovnis reposent sur des témoignages de personnes
qui ont vu ou qui ont été en contact,... et non
sur des preuves matérielles formelles. Le gros problème
des témoignages, c'est qu'ils ne constituent pas une preuve
scientifique: en effet, le témoin peut avoir été
victime d'illusions d'optique, voire d'hallucinations. Il suffit
parfois de l'omission d'un détail pour qu'une histoire
paraisse crédible. Mais le détail est la clé
de voûte de l'édifice.
Thierry Veyt s'est intéressé à l'Affaire
Bidule, un cas de rencontre du 3ème type étudié
pendant 8 ans par la SOBEPS. Le rapport que l'organisation en
donne est impressionnant. Il commence ainsi:
"L'enquête, dont quelques éléments vont
suivre, est unique dans les annales de l'ufologie belge. Le dossier
réuni en huit années d'entretiens avec les nombreux
témoins est particulièrement complexe et riche
d'une multitude de phénomènes rapportés".
Le personnage central de cette affaire est une certaine Mme R,
habitant dans le Hainaut avec ses deux filles âgées,
à l'époque, de 9 et 11 ans. Mme R fit sa première
observation le 1er août 1978.
"J'ai vu un objet oblong sans hublot ou porte, avec, à
l'arrière, comme des petits nuages immobiles, figés".
Le 5 décembre 1979, ce sont les filles de Mme R qui, allant
à vélo à l'école, aperçoivent
un engin comme un cigare bleu. Les deux fillettes sont entraînées
à bord, où elles rencontrent des extraterrestres:
"Celui que j'appelais "Bidule" pilotait l'engin.
J'ai mangé une sorte de galette. Une galette en métal
qui ressemblait à du métal mais quand on la mangeait,
c'était une galette. On est passé devant la planète
Mars... Puis on est allé sur Vénus... Dans l'engin,
il y avait Simon Templar, Roger Moore, le "Saint",
comme si c'était une image, mais seulement il semblait
réel..."
Des rencontres avec Bidule, Mme R en aura plusieurs. Bidule l'emmène
notamment au fond de la mer où elle rencontre un homme
gras, grand comme un géant, couché avec une sorte
de drap autour; c'était comme la Grèce au fond,
avec des colonnes...
Des témoignages comme cela, il y en a une dizaine de pages.
Mme R fait part également de rêves très spéciaux,
au caractère sexuel marqué. Tout cela est enregistré
et rapporté scrupuleusement par l'enquêteur de la
SOBEPS, qui conclut que "Mme R présente une personnalité
paraphrénique, sans toutefois une tendance au délire".
Autrement dit, le témoignage de Mme R peut être
pris en considération.
Or, précisément, ce dernier "détail",
véritable clé de voûte de toute l'affaire
Bidule, est faux. Car, chose rare dans le cadre d'une enquête
ufologique, Mme R et ses filles ont précisément
été examinées par un neuropsychiatre, qui
conclut au contraire: "paraphrénie avec délire
chronique d'imagination". En ce qui concerne une fille de
Mme R, il écrit même très exactement ceci:
"L'analyse neuropsychologique de cette personne révèle
l'existence d'une épilepsie temporale, maladie susceptible
d'entraîner des absences complexes avec hallucinations
stéréotypées, impression d'étrangeté
rentrant dans le cadre d'un syndrome rare mais bien connu des
neurologues. Un exemple historique de cette pathologie est vraisemblablement
Jeanne d'Arc".
Conclusion: le cas Bidule n'est pas à proprement parler
un faux. Mais l'enquêteur de la SOBEPS s'est incontestablement
laissé entraîner par son "enthousiasme".
"Ce qui est intéressant dans ce cas, conclut Thierry
Veyt, c'est qu'on a voulu camoufler un point important. Et le
problème, c'est qu'il est rarissime de soumettre des témoins
de ce genre de phénomènes à une électroencéphalographie".
La vague d'OVNIs belges
Entre 1989 et 1991,
la Belgique a été le théâtre d'une
véritable invasion d'ovnis. Suivie et amplifiée
par les médias, cette affaire a été prise
à ce point au sérieux que l'armée belge
a cru nécessaire d'apporter son soutien.
Huit ans après, le ministre de la Défense nationale,
Jean-Pol Poncelet, a conclu que le dossier était définitivement
clos pour l'armée belge, ce qui ne veut pas dire que les
objets volants non identifiés ont été identifiés,
mais que les incidents répertoriés ne représentent
pas une signification suffisante pour être considérés
comme une menace pour notre armée.
Huit ans après, que reste-t-il de nos ovnis? En ce qui
concerne les échos non identifiés apparus sur les
écrans radar de Glons, il pourrait s'agir d'un phénomène
naturel que l'on observe parfois en cas d'inversion de température,
ou d'un écho parasite liés aux appareils eux-mêmes.
Il est dommage, à cet égard, que les bandes d'enregistrement
n'aient pas été confiées au fabricant américain
du radar, comme Philip Klass, grand chasseur américain
d'ovnis, suggérait de le faire.
Qu'ont vu, alors, les milliers de témoins qui ont levé
les yeux vers le ciel, entre 1989 et 1991? Deux hypothèses
sont admises dans les revues spécialisées, notamment
américaines. D'une part, il y a eu des essais de prototypes
des fameux LoFlyte, ces engins américains capables de
voler à très basse altitude à plusieurs
fois la vitesse du son. D'autre part, dans les mêmes années,
il y a eu de nombreux essais de ce que l'on appelle des Drones,
petits avions d'espionnage télécommandés
(en vedette lors du dernier Salon du Bourget). Pour ces tests,
les Drones étaient escortés par un ou deux hélicoptères
chargés d'effectuer des mesures et, le cas échéant,
de ramasser les morceaux en cas de crash. Les témoins
de cette époque ont sans doute vu l'un de ces deux phénomènes.
Reste, enfin, l'argument-massue des ufologues à propos
de la vague d'ovnis belge: la fameuse photo de Petit-Rechain,
d'ailleurs reproduite en couverture du livre publié par
la SOBEPS: Vague d'OVNI sur la Belgique - Une énigme non
résolue.
Considérée comme un document exceptionnel dans
les annales de l'ufologie, ce document pose aussi toute une série
de problèmes qui discréditent sa validité.
Ce document a été pris par un photographe anonyme
et confié à un photographe professionnel, qui en
a assuré l'exploitation commerciale.
Deux chercheurs de l'Institut d'Astrophysique de Liège,
P. Maingain et M. Remy, se sont penchés sur la question.
Le problème de cette photo est que l'analyse des "bougés"
des points lumineux de l'engin est en contradiction "flagrante"
avec la description faite par le témoin.
Une simulation par calcul matriciel de ces bougés, réalisée
par Thierry Veyt, montre même "l'impossibilité
mathématique des bougés pour un objet tridimensionnel".
Par ailleurs, plusieurs éléments troublants sèment
le doute. D'abord, le fait qu'il a fallu attendre quatre mois
avant que l'auteur de ce document (c'est la seule photo de l'ovni
belge) le fasse connaître: lorsqu'on a un document aussi
exceptionnel entre les mains, en pleine vague médiatique,
on ne comprend pas pourquoi l'auteur d'un tel document laisserait
dormir sa photo dans un tiroir pendant quatre mois. De plus,
on ne voit pas pourquoi, alors que deux clichés ont été
pris, le deuxième cliché a été éliminé
ou "perdu".
On le voit: cette pièce "majeure" de la vague
d'ovnis belge est donc, elle aussi, hélas! très
contestable.
Jean-Marc Veszely.
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