Article tiré du site: http://fantastiquephoenix.free.fr

Acheter «raisonné» n'est vraiment pas raisonnable !

Dans Le Canard Enchaîné du 3 juillet, page 5, on pouvait découvrir le match mortel engagé entre le bio de Carrefour et le <<raisonné>> d'Auchan (L'agriculture raisonnée: c'est pas bien bio!). Il faut bien dire que l'agriculture dite raisonnée est celle qui est proposée par ceux qui raisonnent en termes de fric. Oui, pour pouvoir continuer à profiter longtemps encore de la poule aux œufs d'or, les marchands de produits chimiques ont choisi, il y a 9 ans, de doser <<scientifiquement>> la pollution, colportant que le bio est une utopie rétro aux rendements dérisoires et de qualité illusoire.

Il s'agit en fait de 29 fabricants français de pesticides qui, effrayés par le succès croissant de l'agriculture bio, ont cogité cette rassurante supercherie. Il est vrai que le marché bio représente maintenant en France 1 milliard d'euros, en croissance constante de 20 % par an, bien que rien n'ait été fait au niveau du gouvernement pour le promouvoir.

Afin de pouvoir effectuer des pressions politiques, ces 29 sociétés se sont liguées en un puissant syndicat baptisé - ne riez pas! - <<Union de l'industrie de la Protection des Plantes>> (UIPP). Pour promouvoir le bébé, il fallait un organe médiatique qui, derechef, fut mis en place sous l'appellation non moins hypocrite de FARE (Forum de l'Agriculture Raisonnée Respectueuse de l'environnement) auquel plus d'un million d'euros ont été alloués chaque année pour assurer le bourrage de crâne national.

En janvier dernier, lors du colloque du FARE dans le cadre de l'Unesco, Jean Glavany, alors ministre de l'Agriculture - qui restera dans les annales de l'épouvante de l'histoire de France pour la Saint-Barthélémy bovine et ovine qu'il a cautionnée - n'a pas manqué de trahir une fois de plus la France et les Français pour servir les màitres de la mondialisation, en donnant son accord pour l'officialisation de l'agriculture dite <<raisonnée>>. Ce fut son dernier cadeau avant de partir. Curieusement, l'épandage <<raisonné>> des pesticides n'a pas cessé d'augmenter depuis.

Reste le dernier coup de pouce pour que tout cela fasse très sérieux: l'étiquetage et la labellisation. Le décret en question ne saurait tarder, ce qui permettra aux producteurs homologués de vendre leur cochonnerie trois étoiles 3 à 4 % plus cher que la cochonnerie standard. Pour ceux qui croient encore que le bio est d'un rendement moindre, je peux citer une expérience qui vient d'être effectuée sur des champs de blé par un ingénieur agronome avec des activateurs naturels de composition minérale et végétale, qui ont en plus l'avantage, le prémunir les récoltes des maladies. Le rendement atteint a été de 90 quintaux à l'hectare avec un coût inférieur aux méthodes conventionnelles. Il faut arrêter de croire que le bio se rattache à des méthodes de papa, car il fait l'objet de progrès incessants malgré l'absence des moyens d'études colossaux dont disposent ceux qui ont opté pour la cuisine du diable.

Justement, parmi ceux-là, il y a Auchan qui, avec ses 346 hypermarchés et ses 1633 supermarchés, met tous ses efforts au service du ce <<raisonné>>, espérant ainsi récupérer une partie de la clientèle Carrefour qui, depuis plusieurs années, promotionne le vrai bio dans ses 9200 points de vente.

Mais je rappelle une fois de plus que les vrais décideurs sont les consommateurs, c'est-à-dire nous tous, car ce que nous ne voulons pas acheter ne peut subsister.

Michel Dogna

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