Subject:
Enfants disparues, justice laxiste ou complice.
Date:
Tue, 12 Feb 2002 20:42:14 +0100
From:
"Luculus" <xxx.xxx>
To:
"Nenki" <nenki@conspiration.cc>

 

Cher Nenki,
voici un nouvelle de l'AFP qui me paraît digne de l'intérêt que nous pouvons
porter au faits divers.

Ici il s'agit d'enfants disparues, un pauvre type les tuent. Faut bien se
faire plaisir quand même. Mais l'information la plus importante de cette
dépêche réside dans le fait qu'il s'est fait plaisir que quelques fois, mais
pas toutes.

Des affaires d'enfants disparues classés sans suite par des magistrats, des
gosses dont aucun cadavre n'a pu être retrouvé, des enfants jeunes, vierges,
bref des agneaux innocents (comprennent ceux qui pratiquent les rituels de
magie noire, les invocations infernales), voilà ce que je ressens, ce que je
pense à la lecture de telles informations.

En France, en Belgique, ailleurs dans le monde, des enfants vierges, sans
péché disparaissent sans laisser de traces, avec l'aide de magistrat qui
classe sans suite les affaires : Pourquoi ?

Il serait intéressant de la part de tes lecteurs de nous informer des
disparitions identiques; qu'ils peuvent recenser dans leurs pays. Je suis
sur et certain que nous en trouverons partout et de préférence jeune, et
sans péché; bref idéal pour le rituel satanique.

On peut penser que je suis paranoïaque, ou mystique tendance mégalomane,
avec une pointe de mythomanie, mais j'ai la quasi-certitude que cela devrais
interpeller; toutes ces coïncidences!

Une chose est certaine, actuellement des énergies positives nous
parviennent. Elles s'expriment dans tous les domaines de la société, voilà
pourquoi cela va si vite et nous submergent.

La vérité est en marche, dites moi si je me trompe, sortez moi de mon
illusion, trouvez une autre suggestion, mais ne restez pas à ne rien faire
d'autres que de semer le doute dans l'esprit de ceux qui essaient de faire
bouger les certitudes et de faire disparaître la maya (illusion).

Luculus

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Le nombre des disparues de l'Yonne toujours objet de controverse

PARIS (AFP), le 12-02-2002
Plus d'un an après l'arrestation d'Émile Louis, principal suspect dans
l'affaire des disparues de l'Yonne, le nombre exact de disparitions ou décès
non élucidés de jeunes femmes dans ce département depuis 30 ans demeure
sujet à controverse.

Le ministère de la Justice a annoncé mardi étudier neuf nouveaux dossiers
concernant des jeunes filles disparues ou décédées dans l'Yonne ces trente
dernières années, et qui se sont achevés sur un non-lieu ou un classement
sans suite.

L'Inspection des services judiciaires (ISJ) de la Chancellerie étudiait déjà
huit dossiers concernant Émile Louis, ceux des sept pupilles de la DDASS de
l'Yonne, disparues entre 1977 et 1979 et pour lesquelles le chauffeur de car
à la retraite est mis en examen pour "enlèvements et séquestrations", et
celui de Sylviane Lesage, son ex-petite amie, pour le meurtre de laquelle il
avait été suspecté avant de bénéficier d'un non-lieu.

L'ISJ examine désormais aussi les cas de Sylvie Baton, Danièle Bernard,
Isabelle Laville, Jeanine Parent-Vain, Martine Menguy, Marie-Angèle Domece,
Lucette Evain, Elizabeth Fontaine et de l'Anglaise Joanna Parish.

D'où un total de 17 dossiers. Lundi soir, la ministre de la Justice Marylise
Lebranchu en avait conclu dans l'émission "Complément d'enquête" sur France
2, qu'il y avait eu "dix-sept personnes qui (avaient) disparu" dans l'Yonne.

Une première estimation chiffrée de la garde des Sceaux qui a provoqué la
colère de l'avocat des familles des disparues de l'Yonne: "nous pensons
qu'il y a une trentaine de décès suspects et de disparitions non élucidés de
jeunes femmes à chaque fois dans un triangle très proche d'Auxerre, entre
les années 1965 et 1990", a affirmé à l'AFP Me Didier Seban, confirmant une
fourchette déjà plusieurs fois évoquée.

L'une de ses collaboratrices, Corinne Herrmann, a publié en mai 2001
l'ouvrage "Les disparues d'Auxerre", co-écrit avec Philippe Jeanne, dans
lequel figurent tous les cas cités par la Chancellerie mardi, à l'exception
de Sylvie Baton.

Restent les déclarations en décembre dernier de la procureure actuelle
d'Auxerre, Marie-Suzanne Le Quéau, qui témoignent du travail qui reste à
fournir pour vaincre l'omerta. La magistrate avait signalé au procureur
général de la cour d'appel de Paris la "disparition de la quasi-totalité"
des dossiers d'information terminés par un non-lieu entre 1958 et 1982.

Plus récemment, Daniel Stilinovic, substitut au parquet d'Auxerre au moment
de la disparition d'Isabelle Laville, dénonçait la "corruption" à l'époque
au TGI d'Auxerre : "parler de négligences comme on le fait aujourd'hui,
c'est éviter de remonter à la source (...) c'est bien de corruption qu'il
s'agit", avait-il déclaré.

La seule procédure en cours est aujourd'hui disciplinaire. Outre le travail
de l'ISJ, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a été saisi du cas
de quatre magistrats en poste dans l'Yonne à l'époque, dont Daniel
Stilinovic.


Subject:
Revue de presse sur les disparues de l'Yonne
Date:
Tue, 12 Feb 2002 21:03:50 +0100
From:
"Luculus" <xxx.xxx>
To:
"Nenki" <nenki@conspiration.cc>

A lire le rapport du Ministère de la Justice dénonçant les carences, les
fautes graves etc..
Pour une fois que la justice dévoile une vérité, faut le lire
Mais est-ce pour mieux masquer la triste réalité ?

Luculus

http://solidariteetprogres.online.fr/Jacques/Yonne.html

Voir l'article complet
"Extrait...
.
Ensuite, deuxième affaire à Auxerre, une jeune fille de l'Assistance
publique a été retrouvée dans les rues de l a ville le 20 janvier 1984.
Affirmant qu'elle était enfermée depuis trois mois dans un sous-sol d'un
pavillon d'Apoigny, un village voisin, constamment enchaînée, torturée et
violée, elle a indiqué qu'une autre fille y était encore. Les policiers ont
effectivement délivré une jeune femme de 22 ans, retrouvée nue dans une cave
qui servait de chambre de torture, suspendue à une échelle par les poignets.
Claude Dunand, propriétaire du pavillon, a assuré s'être d'abord livré à des
tortures sur sa propre femme, puis avoir passé des petites annonces dans le
journal et à l'ANPE pour recruter des jeunes filles afin de s'occuper «
d'une vieille tante malade ». Ces jeunes filles, torturées à l'électricité
et à l'arme blanche, nourries à la pâtée pour chien, étaient présentées à
une trentaine de clients fortunés, qui arrivaient encagoulés au pavillon,
« où il y avait une ardoise, avec inscrit à la craie le menu [les tortures]
du jour », suivant l'avocat de Claude Dunand. L'une des jeunes filles était
élève à l'IME Grattery. Claude Dunand a été condamné à la réclusion
criminelle à perpétuité le 31 octobre 1991, sans dire un mot de ses «
clients », sinon « qu'il s'agissait de gens importants ». La police ne les a
pas retrouvés. Peu de victimes (trois recensées en quinze ans de
tortures...), pas de clients. Jean-Yves Liénard, l'avocat de Dunand, a
déclaré au Monde : « Nous avions tous eu l'impression qu'il y avait une
partie cachée, des corps qu'on n'a pas retrouvés. Il est absolument
impossible, quand on voit l'état de ces deux jeunes filles, à la limite de
la mort, qu'il n'y en ait pas eu d'autres. Dunand a déménagé quinze fois,
l'affaire a fait du bruit, mais personne ne s'est manifesté. C'est un
mystère absolu .»

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http://solidariteetprogres.online.fr/Jacques/Yonne.html

Extrait du Rapport.....
Par lettre de mission du 19 décembre 2000, la Garde des sceaux, ministre de
la justice, a confié à l'inspection générale des services judiciaires une
enquête visant à recueillir toutes informations utiles sur les conditions
dans lesquelles a été traitée, au plan judiciaire, l'affaire dite "des
disparues de l'Yonne" jusqu'à la mise en examen de M. Emile Louis par un
juge d'instruction du tribunal de grande instance d'Auxerre. Il était
demandé, au cas ou des dysfonctionnements seraient recensés, de les
caractériser, d'en rechercher les causes et d'établir les éventuelles
responsabilités. La lettre de saisine sollicitait enfin des propositions sur
des mesures à même d'améliorer le traitement, par l'institution judiciaire,
des procédures soulevant des difficultés semblables.

Les faits concernent la disparition, à Auxerre ou dans les proches environs,
entre 1975 et 1979, de sept jeunes femmes(1), déficientes mentales légères
et pupilles ou anciennes pupilles de l'Etat ; deux étaient mineures(2) et
quatre avaient fréquenté l'institut médico-éducatif de Grattery dépendant de
l'APAJH de l'Yonne. Dans le cadre d'une information ouverte depuis le 30 mai
1997 au cabinet du doyen des juges d'instruction du TGI d'Auxerre, Emile
Louis, placé en garde à vue le 12 décembre 2000, a avoué avoir tué les sept
jeunes filles. Le 14 décembre 2000, il a été mis en examen des chefs
d'enlèvements et séquestrations et placé sous mandat de dépôt.

La mission s'est efforcée de reconstituer la genèse du traitement de cette
affaire par la justice, en recherchant toutes les procédures, enquêtes et
démarches qu'elle avait suscitées. A cet effet, le concours de l'inspection
technique de la gendarmerie nationale a été sollicité et des échanges
d'informations ont été organisés avec l'IGAS, chargée pour sa part d'une
enquête sur le fonctionnement de l'APAJH de l'Yonne. Les inspecteurs ont
entendu tous les magistrats qui, à un titre quelconque, sont intervenus dans
ce dossier depuis son origine ; ils ont également rencontré toutes les
personnes pouvant apporter des informations utiles sur les démarches et les
enquêtes effectuées. Ils ont enfin exploré la mémoire écrite disponible :
dossiers administratifs, registres et procédures judiciaires en lien avec
les faits.

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http://www.lyonne-republicaine.fr/dossiers/chroniques/palais/20011217.YON_D2
937.html


Laïd SAMMARI
Disparues de l'Yonne : la procureure d'Auxerre accuse ses prédécesseurs
d'avoir voulu étouffer les enquêtes

Un an après l'arrestation d'Emile Louis, assassin présumé de sept jeunes
handicapées disparues entre 75 et 79 dans l'Yonne, l'actuelle procureure du
tribunal d'Auxerre constate que la quasi-totalité des dossiers d'information
qui se sont terminés par des non-lieu, sont introuvables. Elle accuse ses
prédécesseurs d'avoir voulu étouffer les enquêtes. Les parents d'une
disparue en 1987, la petite Laville de Saint-George-sur-Baulche, ont écrit
au Garde des Sceaux.

Dans un rapport confidentiel et explosif, adressé le 19 novembre dernier à
ses supérieurs, l'actuel procureure de la République d'Auxerre,
Marie-Suzanne Le Quéau met en cause la façon dont ses prédécesseurs ont «
traité les affaires relatives à la disparition de mineures dans des
conditions suspectes ».

Après l'arrestation en décembre 2000 d'Emile Louis, l'assassin présumé de
sept jeunes handicapées mentales, entre 75 et 79, un rapport de l'Inspection
générale des services judiciaires avait révélé un « fonctionnement
défectueux » de l'institution judiciaire. Il avait fallu plus de vingt ans
aux parents des victimes pour convaincre la justice de se pencher sur
l'affaire dite des disparues de l'Yonne. Quatre anciens magistrats du
parquet d'Auxerre sont particulièrement visés pour la « négligence » dont
ils auraient fait preuve.
Décidée à établir les responsabilités, la Garde des Sceaux, Marylise
Lebranchu, a saisi, le 19 décembre 2000, le Conseil supérieur de la
magistrature (CSM) aux fins de poursuites disciplinaires.

Etouffer les enquêtes

Mais les récentes investigations menées en toute indépendance par les
instances disciplinaires du CSM tendent à démontrer qu'il ne s'est pas agi
de simples négligences. Si l'on en croit le rapport confidentiel adressé au
procureur général de la cour d'appel de Paris le 19 novembre dernier par
l'actuel procureure de la République d'Auxerre, Marie-Suzanne Le Queau, il y
aurait eu, durant plus de trente ans, une volonté manifeste d'étouffer
toutes les enquêtes relatives aux disparitions de mineures. Le magistrat
écrit notamment : « L'ensemble de ces premières constatations (NDLR : elles
lui ont été communiquées par les membre du CSM) est de nature à semer le
doute sur la manière dont le parquet d'Auxerre a traité les affaires
relatives à la disparition de mineures ou de jeunes majeures dans des
conditions suspectes et à fragiliser l'action actuelle de mon parquet en
entretenant un climat de suspicion ».

Disparition des dossiers

Ainsi, selon les constatations établies le 6 novembre dernier par les «
enquêteurs » du CSM au cours de leur visite au tribunal d'Auxerre et
consignées dans le rapport, la quasi-totalité des dossiers d'information
terminés par un non-lieu entre 1958 et 1982 ont disparu sans que cette
situation puisse recevoir d'explication. Plus aucune trace non plus des
registres d'enregistrement manuel des dossiers. Parmi ces dossiers figurent
ceux de Lucette Evain et d'Elisabeth Fontaine dont la disparition,
respectivement en février 1970 et janvier 1979, pourrait avoir un lien avec
l'affaire dite « Des disparues de l'Yonne ».

Classement sans suite

L'autre étonnante découverte concerne le dossier relatif à la mystérieuse
disparition d'Isabelle Laville, le 11 décembre 1987 à
Saint-Georges-sur-Baulche (Yonne) entre sa sortie de collège et son
domicile. Selon Mme Le Queau, cette affaire avait fait l'objet d'une enquête
préliminaire des gendarmes d'Auxerre. La magistrate relève que cette
enquête, parvenue au parquet le 18 janvier 1988, soit cinq semaines après la
disparition de la collégienne, a été classée sans suite... le 21 janvier
1988. Soit seulement trois jours après l'envoi de l'enquête au parquet.

Dans ce rapport, la patronne du parquet d'Auxerre révèle également que « le
recensement exhaustif des affaires relatives aux fugues, enlèvements et
séquestrations de mineures ou de jeunes majeures pour les années 1979, 1980,
1987 et de 1988 à 2001, montre :

- Pour les années 1979 et 1980, l'existence de procédures sans décision sur
l'action publique.

- Pour l'année 1988, l'impossibilité de retrouver trois procédures pour
lesquelles aucune décision sur l'action publique n'a été enregistrée par le
bureau d'ordre ».

Mme Le Queau estime en outre que « les nombreuses décisions de classement
sans suite mériteraient d'être réexaminées au regard du précédent
caractérisé par le dossier Laville ».

En conclusion de son rapport explosif, Mme la procureure suggère à son
supérieur direct, le procureur général de la Cour d'appel de Paris, de
procéder à une enquête sur tous ces faits extrêmement troublants dans la
mesure où il semble établi que l'on a volontairement fait disparaître tous
ces dossiers.

Dès réception de ce rapport, le 21 novembre dernier, Jean-Louis Nadal a,
dans le plus grand secret et en extrême urgence, désigné deux de ses
substituts généraux pour enquêter sur ce qui peut apparaître comme le plus
gros scandale judiciaire du siècle, car susceptible d'impliquer des
magistrats.

12.12.01


Subject:
La suite, et l'horreur, tout n'est pas dit sur ces disparitions
Date:
Tue, 12 Feb 2002 21:25:03 +0100
From:
"Luculus" <xxx.xxx>
To:
"Nenki" <nenki@conspiration.cc>

Que de souffrances, et de jolies noms (du beau monde; mais qu'importe, le
plaisir avant tout. Dommage cela ne dure qu'un instant, faudra recommencer.
Il n'est jamais fait question de rites ou autres dérives mystiques..
Pourtant, ce genre d'exercices physiques d'entraînement à l'intimidation
(mot consacrée pour désigner la torture), finit toujours dans le rituel.
Faut bien se justifier ses actes. Se donner une juste raison, être dans sa
vérité pour parvenir à aimer donner la souffrance. La recevoir alors là, il
n'y a pas foule.

Ces notables, non désignés dans les articles, doivent bien faire partis de
quelques organisations genres :
Lions, Rotary, Francs-Maçons (Frères trois points), lucifériens, autres (au
choix - mais de préférence pas une secte, la respectabilité est à ce prix).

Luculus

http://www.soirillustre.be/3576yonne.html

Les secrets de l'Yonne
Les meurtres de sept des "disparues de l'Yonne" ont été endossés par Émile
Louis. D'autres affaires, ayant également pour victimes des jeunes filles
handicapées mentales, hébergées dans le même foyer de la région d'Auxerre,
prennent un inquiétant relief.

Les aveux d'Émile Louis, reconnaissant avoir tué sept des jeunes filles
handicapées que l'on avait appelées "les disparues d'Auxerre", soulèvent
plus de questions qu'ils n'apportent de réponses.
En relatant les faits dans notre numéro du 20 décembre dernier, nous
évoquions longuement l'inertie de la justice et le curieux aveuglement des
services sociaux chargés du contrôle de l'Institut médico-éducatif que
fréquentaient les jeunes filles.
La chape de plomb, qui pesa si longtemps sur les affaires de la région
d'Auxerre, est en train de se soulever et les miasmes qui s'échappent sont
réellement méphitiques.
Dans une "requête à fin d'investigation" adressée au doyen des juges
d'instruction d'Auxerre, en septembre 1999, l'avocat des familles des
disparues, Me Gonzalès de Gaspard, demandait que: "soient rassemblés tous
les dossiers dans lesquels des handicapées, dépendantes des instructions de
l'Yonne, ont été victimes de sévices, viols, etc..."
Effectivement, les liens, qui pouvaient réunir certains dossiers, ont été
ignorés. Pourtant, les faits que des "filles de la Ddass" (Direction
départementale des Affaires sanitaires et sociales) aient été les victimes
d'atroces faits-divers, ayant tous eu lieu à la même époque, dans la région
d'Auxerre, n'ont, semble-t-il, été remarqués que par certains enquêteurs.
Le 22 janvier 1984, Huguette, une jeune fille de l'Assistance publique de
dix-neuf ans, est secourue dans les rues d'Auxerre. Aux policiers qui
l'interrogent, elle déclare s'être évadée d'une chambre de torture. Elle
raconte qu'elle se trouvait enfermée depuis trois mois dans la cave d'un
pavillon, situé à Appoigny, un village proche d'Auxerre. Enchaînée, elle
avait été constament violée et torturée.
Elle dit enfin, aux policiers, qu'une autre jeune fille se trouve encore
dans le pavillon. Les policiers se précipitent et découvrent Michaela,
vingt-deux ans, enchaînée à un lit, elle aussi victime d'horribles sévices
depuis des mois, pratiquement à l'agonie.
Le propriétaire du pavillon, Claude Dunand, et son épouse Monique sont
arrêtés. Claude est vendeur de voitures; avec son épouse, depuis des années,
il organisait des soirées "spéciales". Au début, Claude torturait et faisait
torturer son épouse. En 1982, Claude et Monique approchent la cinquantaine.
Le corps abîmé, mutilé de Monique n'attire plus beaucoup d'amateurs et
Claude passe une petite annonce pour recruter: "Cherche jeune fille pour
garder tante malade".
Claude sélectionne des handicapées légères ou des filles sans famille, des
filles de la Ddass.

Le tarif des sévices
Le sous-sol du pavillon d'Appoigny est très organisé: une petite pièce, où
l'on range le "matériel", une salle de torture et une salle de mise en
condition, où se trouvent des revues pornographiques et des tarifs affichés
sur des ardoises; 300 FF pour des pinces sur les seins, 600 FF pour les
brûlures sur les parties intimes, etc...
L'enquête ne permettra pas de retrouver la clientèle de riches pervers qui
fréquentaient le pavillon de Dunand, ni même les jeunes filles qui ont été
ses victimes.
Outre la jeune fille découverte lors de l'intervention des policiers, celle
qui réussit à s'enfuir, les policiers ne retrouveront la trace que d'une
autre fille de la Ddass, Michèle, 18 ans, après avoir mis la main sur un
seul client de Dunand, René.
René a permis à Michèle de s'évader. Celle-ci, terrorisée, ne portera pas
plainte avant l'arrestation de Dunand.
Lors du procès qui se déroulera devant la cour d'assises de l'Yonne,
l'avocat de René fera valoir son geste et celui-ci sera condamné à deux ans
de prison, dont dix-huit mois avec sursis. Claude Dunand sera condamné à la
réclusion à perpétuité et son épouse Monique à cinq ans de prison.
L'avocat général, dans son réquisitoire, fit une curieuse plaidoirie: "Il
est absolument ridicule de penser que la justice ait pu couvrir de tels
actes". Néanmoins, pas de clients, 3 victimes vivantes en des années
d'exercice de tortures abominables, cela laissa planer un douloureux
mystère.
Michaela, qui avait été retrouvée par les policiers dans la chambre de
torture, fréquentait l'IME (Institut médico-éducatif) de Grattery, qu'ont
fréquenté toutes les victimes d'Emile Louis. À l'époque du procès, un
employé de l'IME, qui avait bien connu Michaela, déclarait: "Elle était bien
incapable de repondre à une petite annonce".
Ceci nous ramène aux foyers gérés par l'Association pour Adultes et Jeunes
Handicapés de l'Yonne (APAJH), dont Pierre Charrier était président. Nicole,
son épouse, était éducatrice chef de l'IME de Grattery.
Lorsqu'Emile Louis fut arrêté pour viol, voir Le Soir magazine no3574,
Nicole Charrier adressait un courrier louant les qualités de "cet homme
paternel".
Pierre Charrier fut, lui, accusé d'avoir régulièrement violé, pendant un an,
Nathalie, une jeune hadicapée de vingt-trois ans. Les faits reprochés au
président de l'Apajh furent requalifiés et il comparut devant le tribunal
correctionnel, alors qu'il risquait les assises. Il fut condamné à six ans
de prison.
Pierre Charrier était assesseur auprès du juge des enfants. Nicole Charrier
fut élue, en 1989, conseillère municipale d'Auxerre sur la liste de
Jean-Pierre Soissons.

Alain Van Der Eecken.