LE PACTE SYNARCHIQUE
ou la technocratie au pouvoir

Nous voici avec un sujet bien d'actualité. Les événements actuels, la création de l'Europe et j'en passe des restructurations, ainsi que le NOM (Nouvel Ordre Mondiale), Le commerce pas équitable Mondiale, La justice Mondiale, l'Internet et autres turpitudes, nous prépares un avenir unique pour nos enfants. Bah! z'ont le temps, nous serons soumis à leurs technocratie misérabiliste. Alors pour comprendre, je vous soumet ces quelques lignes et les quelques leçons qui suivront vous feront connaître pur la majorité les liens obscures qui ont façonné notre France vers un état que nous ne comprennons plus, tant celui-ci nous est étranger. Mais si vous faites l'effort de lire ces quelques lignes et celles qui suivront vous percevrez la réalité sous-jacente qui veut contrôler notre vie, et nous soumettre à une idéologie pire que le fascisme. Le penseur et écrivain qui a révélé la Synarchie au monde sous un aspect spirituel est le Marquis Saint-Yves d'Alveydre (coïncidence, il est mort à Pau et un cercle martiniste fut nommé de son nom lors d'une resurgence de celui-ci dans les années 1985~90). L'étude de son oeuvre permet de mieux appréhender sa façon de mettre un Ordre social nouveau en place dans nos sociétés. Seulement, nos habiles financiers se sont emparés de ces révélations pour en faire un moyen de coercition et de soumission des races qui peuplent notre planète.
Les victimes sont légions, nous vivons en ce moment un flux migratoire qui se terminera dans une crise meurtrière. Mais cela est planifié, voulu, mis en place par ces planificateurs occultent qui en sous main dirigent le monde et ses représentant aux ordres ou sous la menace de révélations les mettant en cause dans de te trop nombreuses "affaires".

Mais je vous laissent à ces malsaines lectures pas correctes.
N'oubliez pas que vous pouvez cliquez sur les liens en bleu pour de plus amples informations.

LEÇON #1

COÏNCIDENCES
Le rédacteur de l'appel qui révéla, le premier, en 1941, le complot synarchique, a été fusillé à la Libération.
Les dirigeants et rédacteurs des Documents Maçonniques, ou furent expliqué le rôle du M.S.E.1 et publié (en partie) le Pacte Synarchiste, ont été condamnés à la Libération à de lourdes peines de travaux forcés.
Pierre Pucheu, dont les « maladresses » et les « compromissions » avaient pu nuire à la Synarchie, a été fusillé à Alger. Son ancien chef de cabinet, Yves Paringaux, avait trouvé la mort de curieuse façon sur une voie ferrée, en 1941.
Le Grand Maître de l'Ordre Martiniste, Constant Chevillon, qui avait fait sur la Synarchie les révélations que l'on sait, fut enlevé le 24 mars 1944, par quatre inconnus qui firent brusquement irruption chez lui, 20, rue des Macchabées à Lyon. Quelques jours plus tard, on retrouvait son cadavre à Saint-Fons; le mal- heureux avait reçu une balle dans la nuque.
Jean Coutrot, Franck Theallet, Yves Moreau, Henri Brulé, Navachine ont eu, nous l'avons vu, des morts mystérieuses.
L'information ouverte à la Libération sur le rôle et l'activité de la Synarchie par le président Béteille et le conseiller Gareau fut confiée au juge Zousmann (ancien dignitaire de la Loge Francisco Ferrer), qui avait instruit le procès des dirigeants et rédacteurs des Documents Maçonniques. Selon Samedi-soir (10 mai 1947), le dossier fut classé en avril 1947.

Constant Chevillon

Early Grand Scottish Rite” (Rite Écossais Primitif - R.: E.: P.:)
1934 - Constant Chevillon succède à Jean Bricaud dont il reçoit les patentes.
1944 - Charles-Henry Dupont succède à Constant Chevillon, assassiné par la Milice.

Pacte synarchique révolutionnaire pour l'empire français

Le texte qui fut découvert sous l'occupation, n'a été connu en entier qu'après la Libération. Deux auteurs, M. Geoffroy de Charnay, dans son livre la « Synarchie » et M. François Mennevée, dans ses « Documents politiques et financiers ». l'ont publié sous la IVe République.
Le trois fois maudit Lenculus2, se fera un plaisir de vous l'offrir à son tour, pour permettre au lecteur de se faire, par lui-même, une idée exacte des visées synarchique sinon de l'ampleur du mouvement.
N.D.L.R.

Le Livre Doré
Selon le rapport Chavin, l'exemplaire du premier de ces volumes, tombés entre les mains de la police vichyssoise se présentait sous la forme « d'un document ronéotypé de plus de cent pages, format in-8e, pourvu, d'une reliure de grand luxe constitué par un brochage fort de papier doré ».
Cet ouvrage publiait en première page, un avertissement :
Toute détention illicite du présent document expose à des sanctions sans limite prévisible, quel que soit le canal par lequel il a été reçu.
Le mieux en pareil cas est de le brûler et de n'en point parler.
La révolution n'est pas une plaisanterie mais l'action implacable régie par une loi de fer.
C'est ce document et les suites économico-polico-financière qui vous sera proposé à la lecture au cours des semaines à venir.

Le plan du 9 juillet et la Synarchie

Jean Coutrot

Nous allons voir que J. Coutrot revendiquait — au moins en partie — un certain « Plan du 9 juillet », dont il fut question dans les milieux politiques au cours des années 1934-1935. On présentait alors ce « plan » comme une tentative de rapprochement des jeunes de toutes tendances. M. Jules Romains, qui joua en l'occurrence un rôle de chaperon, a prétendu depuis que son intention était surtout de désamorcer la bombe qui menaçait la paix publique après les journées de février 1934.

Jules Romain

« Le but était clair, écrit M. Jules Romains3, le devoir l'était aussi. La tâche la plus pressante était d'empêcher les Français de se battre dans la rue, en des rencontres qui eussent été cent fois plus sanglantes que la nuit du 6 février. Or, ceux-mêmes qui auraient pu organiser ces batailles et y amener leurs troupes pour les jeter les unes contre les autres, allaient se réunir plusieurs fois par semaine et travailler pacifiquement sous ma direction. C'est ainsi que les chef des Volontaires Croix de Feu, le chef des Volontaires des Jeunesses Patriotes, faisaient partie de mon équipe. En face d'eux, allaient s'asseoir autour d'une table de jeunes chefs syndicalistes, socialistes, radicaux. Si ces gens-là ne se battaient pas, aucune bataille n'était possible, car ce n'étaient pas les vieux de chaque groupement qui descendraient les premiers dans la rue. Je tenais la guerre civile sous clef, pour plusieurs mois. C'était déjà quelque chose.

« L'objectif plus vaste et plus lointain, c'était de donner à la France une nouvelle constitution issue de l'ancienne, identique à elle dans son esprit républicain et dans son respect absolu des Droits de l'Homme, mais débarrassée de quelques tares, et mieux adaptée aux besoins modernes, en un mot, plus dynamique — une constitution que la jeunesse aimerait et défendrait avec énergie parce qu'elle serait son oeuvre.

« Ce fut ce qu'on appela le Mouvement du 9 juillet...»

Ayant réuni quelques jeunes militants connus des ligues et de la Gauche, des hommes de trente ans pleins de dynamisme et d'ambition, M. Jules Romains semble ne pas attacher beaucoup d'importance à la présence, dans son "équipes", de plusieurs personnages qui, eux, ne représentaient pas les Volontaires Nationaux, les Jeunesses Patriotes, les Jeunes néo-socialistes ou syndicalistes (ils étaient d'ailleurs beaucoup plus âgés). Nous voulons parler de Jean Coutrot et de ses amis Gérard Bardet et Jacques Branger. A tel point qu'on peut se demander, comme le fait M. Roger Mennevée, si M. Jules Romains ne fut pas, « dans les manoeuvres de haute politique qu'il croyait animer, un simple pantin dont d'autres tiraient les ficelles »4.

Quoi qu'il en soit, le « Plan du 9 juillet» (1934) apparaît bien comme l'une des manifestations extérieures de la mystérieuse synarchie. Les principes essentiels du dit « Plan » sont, en effet, conformes aux « points fondamentaux » et aux « propositions » du Pacte synarchique révolutionnaire, dont nous avons parlé et que nous reproduisons dans ce volume5.

Même primauté des techniciens, auxquels reviennent l'organisation et la réglementation de l'économique et du social, même souverain mépris pour le politique, pour le « pouvoir légal» qui doit être subordonné au « pouvoir réel» exercé par les technocrates6. Une phrase du « Plan » en dit long, à ce sujet, sur les intentions de ses inspirateurs :

« Le recrutement du personnel supérieur (de l'État) sera exclusivement assuré par une école Polytechnique d'Administration ». Une fois le système mis en place, nos technocrates se recruteraient pas cooptation. N'est-ce pas, un peu, ce que nous voyons aujourd'hui7 ?

Outre « un certain nombre de fonctionnaires appartenant notamment à l'Inspection des Finances, au Conseil d'état et à la Cour des Comptes (qui) se sont abstenus de le signer pour des raisons de discipline administrative», le « Plan du 9 juillet » (édité en 1934 par Gallimard) avait pour rédacteurs :

MM. Gérard Bardet, déjà cité;

Raoul Bertrand, futur consul de France à San-Francisco (1945);

Aymery Blacque-Belair;

Philippe Boegner, fils du pasteur Boegner, frère du diplomate Jean-Marc Boegner, collaborateur du général De Gaulle et futur beau-frère du général Massu8, journaliste, alors rédacteur à Marianne, futur directeur de Paris-Match et du Temps de Paris (66 numéros parus : coût 800 millions d'anciens francs), futur rédacteur en chef de Vu, Marie-Claire, Science et Vie, et conseiller (en 1959-60) de l'éditeur Del Duca à la direction de Paris-Jour ;

Jacques Branger, polytechnicien, futur chef de service des études économiques (gouvernement Léon Blum), déjà cité ;


Jean Coutrot

Alfred Fabre-Luce, fils du banquier Edmond Fabre-Luce, petit-fils du fondateur du Crédit Lyonnais, journaliste et écrivain, alors animateur de diverses publications radicalisantes, futur rédacteur en chef de Rivarol9 ;

a. Fougue, fonctionnaire au ministère des Colonies ;

Pierre Frederix, journaliste et écrivain, collaborateur du Petit Parisien, futur rédacteur à l'Agence France-Presse et au Monde ;

Pierre Gimon ;

Armand Hoog, fils d'un compagnon de Marc Sangnier, ancien de Normale Supérieure, professeur à l'Université de Harward ;

Pierre-Olivier Lapie, fils du recteur de l'Académie de Paris, avocat, alors membre de l'Ordre Nouveau (animé par Robert Aron), futur député et ministre, futur représentant de la France à la C.E.C.A. et président du Comité interexécutif européen de l'énergie; chargé en 1959 par le général De Gaulle de présider la Commission sur l'enseignement privé ;

Bertrand de Maud'huy, fils du général de Maud'huy, alors chef des Volontaires Nationaux (Croix de Feu), futur dirigeant du Parti Populaire Français (de Jacques Doriot) et, après la Libération, administrateur de sociétés industrielles et financières, conseiller général de la Moselle (à partir de 1945) et, sous la Ve République, membre du Conseil économique ;

Paul Marion, ancien membre des Jeunesses Communistes et du Parti Socialiste, alors l'un des dirigeants « néo-socialistes » (avec Déat), futur collaborateur de Doriot au P.P.F., et ministre du Maréchal Pétain;

Georges Éditions, futur directeur littéraire des éditions Amiot-Dumont et des Presses de la Cité;

Jules Romains10, ancien de Normale Supérieure, animateur du Comité France-Allemagne (avant la guerre), futur membre de l'Académie française et collaborateur de l'Aurore ;

Roger de Saivre, chef des Phalanges Universitaires des Jeunesse Patriotes ; futur chef du cabinet civil du Maréchal Pétain, et futur député d'Oran (1951-1956) ;

Jean Thomas, ancien de Normale Supérieure, professeur, futur directeur des Activités Culturelles à l'U.N.E.S.C.O. (puis sous-directeur général de cet organisme) ;

Louis Vallon, ancien polytechnicien, militant socialiste, futur directeur-adjoint du Cabinet du général De Gaulle, futur député R.P.F. et animateur des Gaullistes de Gauche (Union Démocratique du Travail).

Sans être liés personnellement à la Synarchie — dont ils ignoraient peut-être l'existence — la plupart de ces « planistes » devaient apporter à Coutrot et ses amis un concours précieux.

Bibliographie : Lectures Françaises – numéro spécial (février 1962) – Les technocrates et la synarchie, publié sous la direction de Henry Coston.
1 Mouvement Synarchique d'Empire (Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du grand patronat et des représentants dûment mandatés de groupes bancaires spécialement désignés pour chaque pays. (Note du Ringard – Ce document est le premier d'une suite qui vous révélera les dessous de la création de l'Europe et des Nations Unis – Si Dieu me prête vie, vu la suite...)

2« Mieux vaut être maudit que de maudire » ? Le Talmud.

3 Jules Romains : « Sept mystères du Destin de l'Europe », New York, 1940.

4 Les Documents (janvier 1949, p. 50). Il faut croire que M. Jules Romains tenait cependant à « son » idée puisque, peu après la Libération, il réclamait dans le journal de M. Quilici, La Bataille (octobre 1945) « un laboratoire de recherches politiques ». Il écrivait : « Je suggérais que, parmi les institutions de la France nouvelle, une des toutes premières à créer, fut un laboratoire national de recherches politiques. Un petit nombre de spécialistes éminents y seraient attachés. On les choisirait parmi les hommes qui se sont acquis une autorité de premier plan dans l'étude des questions politiques, économiques, sociales, et qui, autant que possible, se sont tenus à l'écart de la politique active et des partis... Chacun d'eux s'entourerait d'un groupe de jeunes collaborateurs d'une formation scientifique déjà avancée, agrégés d'histoire ou de philosophie, docteurs en droit, techniciens sortant des grandes écoles, qu'attirerait la conception nouvelle du laboratoire. »

5 Note du Ringard, ce plan vous sera communiquer prochainement.

6 Le « Plan du 9 juillet » prévoyait la réforme de la constitution, le renforcement de l'exécutif, la limitation du législatif — ou le Parlement serait « contré » par un « Conseil National économique » — la refonte du judiciaire, la création d'un grand ministère de l'économie Nationale, etc...

7 Note du Ringard, ce document date de Février 1962

8 MM. Boegner et Massu ont épousé les deux soeurs, Melles Rosambert (Rosemberg).

9 Il afferma cet hebdomadaire de novembre 1954 à novembre 1955, et quitta le journal de l'opposition nationale en faisant l'éloge de M. Mendès-France.

10 De son vrai nom : Louis Farigoule.

Leçon #2

Vous êtes prêt maintenant à lire le livre LE PACTE SYNARCHIQUE
(rare et dangereux à posséder - sauf si des milliers de personnes le possèdent et le diffusent). 
http://conspiration.ca/e_book/pacte_synarchique.pdf

« Synarchisme » est le nom adopté au XXème siècle par une secte franc-maçonne occulte, connue sous le nomde Martinistes et reposant sur le culte de la tradition de l’empereur Napoléon Bonaparte. Entre les années 1920 et 1945, il a été officiellement classé par les services de renseignement américains et d’autres pays dans la rubrique « Synarchisme : nazi-communisme », défini ainsi car il a déployé simultanément, en apparence, aussi bien des forces d’opposition pro-communistes que des forces d’extrême-droite pour encercler et cibler certains gouvernements. Les mouvements fascistes du XXème siècle et ultérieurs, comme la plupart des mouvements terroristes, sont tous des créations synarchistes.

Au cours de cette période, le synarchisme a été l’aspect central des gouvernements fascistes d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne et de Vichy et Laval en France, et, à travers la branche espagnole du Parti nazi, il s’est également répandu au Mexique, en Amérique centrale et du Sud. Le parti mexicain PAN est né comme une excroissance de cette infiltration. Il constitue aujourd’hui la caractéristique des adeptes de Leo Strauss et d’Alexandre Kojève.

On retrouve cette conspiration franc-maçonne occulte dans des factions se revendiquant de gauche comme d’extrême-droite, tels le conseil de la rédaction du Wall Street Journal, la Société du Mont-Pélerin, l’American Enterprise Institute et l’Hudson Institute, ainsi que dans ce que l’on appelle les intégristes conservateurs au sein du clergé catholique. L’autorité sous-jacente derrière ces cultes est un réseau contemporain de banques privées ayant adopté le modèle vénitien médiéval connu sous le nom « fondi « . La conspiration de la synarchiste Banque Worms pendant la guerre de 1940 est typique du rôle joué par ces intérêts bancaires derrière les divers gouvernements fascistes de l’époque.

En fait, au départ, les synarchistes sont issus des cercles les plus proches de Napoléon Bonaparte ; des officiers vétérans des campagnes napoléoniennes ont répandu ces pratiques cultistes à travers le monde. G.W.F. Hegel, un admirateur passionné de l’image impériale de Bonaparte, fut le premier à établir une doctrine historique fasciste de l’Etat. En complément, les écrits de Nietzsche ont fourni la doctrine de la terreur dionysiaque, créée par l’homme-bête, des mouvements et régimes fascistes du XXème siècle. Les principaux idéologues fascistes des milieux universitaires d’après-guerre sont Leo Strauss, de l’université de Chicago, qui est l’inspirateur des idéologues néoconservateurs américains actuels, et Alexandre Kojève, un philosophe parisien partageant les idées de Strauss.

Voici la leçon n°3 -
ou comment comprendre l'Europe.

Pour l'instant il ne s'agit que d'une présentation, suivront le pacte synarchique, un document fort rare et instructif qui fait passé les divers protocoles et autres pour des décret d'application. (merci à Lenculus, qui dans son antre le transcrit sous format numérique.)

Cette présentation est fort instructive car elle nous permet de nous rendre compte de la planification élaborée depuis plusieurs décennies afin de soumettre les peuples à un pouvoir soi-disant émanant de Dieu. N'oublions pas que des sociétés initiatiques sont les garantes spirituelles de ce mouvement.
L'élément le plus représentatif de cette observation reste le mode d'organisation adoptée.

L'on rencontre toujours trois chefs, Un pour le Enseignement, un pour le juridique et un autre pour l'économique. En étudiant les actions et réalisations de ces chefs, l'on peut discerner leurs profils et les motivations qui les ont conduit à agir.

Pour cela, il nous faut se référer à Saint-Yves d'Alveydre qui décrit les grandes lignes de l'Ordre Social Synarchique et sa constitution1.

LA FRANC-MAÇONNERIE ET LA SYNARCHIE

Fortement compromise avec la Synarchie par plusieurs de ses membres influents, la Franc-Maçonnerie a été naturellement l'objet, en 1944-1945, de violentes critiques de la part de résistants hostiles au M.S.E. (Mouvement Synarchique d'Empire)

Faisant peau neuve, le Grand-Orient prit ses distances avec les synarques. Il fit signer à ceux de ses affiliés qui aspiraient à une fonction dans ses loges, une déclaration-questionnaire où l'on lisait, entre autres :

« Je soussigné, déclare sur l'honneur...

... III. — Avoir reçu — ou n'avoir jamais reçu — des mains d'un tiers, un exemplaire original ronéotypé du pacte synarchique révolutionnaire (pourvu de sa couverture dorée et de son double numérotage) soit après le 16 juin 1940, soit avant cette date.

IV. — Avoir adhéré — ou n'avoir jamais adhéré — avant ou après le 16 juin 1940, à une société, déclarée ou non, servant à la propagande des grands thèmes synarchiques ou à la désagrégation des institutions républicaines. »

Ce document, cité par Action du 2 novembre 1945, portait la note suivante :

Au cas où l'intéressé aurait reçu le pacte synarchique et révolutionnaire, il devra, au bas de la présente déclaration, fournir toutes explications utiles : date de la réception; des mains de qui; de la part de qui; circonstances dans lesquelles il a connu cette ou ces deux personnes; numéros portés par le document original; où se trouve actuellement ce document et pourquoi."

Une autre note mentionnait, parmi les sociétés visées :

Celles organisées par Jean Coutrot (Centre d'Études des Problèmes Humains, Groupe d'Études de l'Humanisme Économique, Institut de Psychologie Appliquée, etc...);
Celles organisées par Armand Mora ou Jeanne Canudo (Association pour les États Généraux de la Jeunesse, n° 2.050 du 29 juillet 1934 et ses filiales; Comité National pour la Jeunesse; Comité d'Action Européenne (E.G.J.E.), etc...) ;
Celles organisées par Francis Hekking (France 1950), etc... ; c 4° Celles organisées par Jean Rivain (la Nouvelle France, les Cercles d'Unité Française, etc...) » 2
Le groupe HEKKING

Le polytechnicien Francis Hekking, naturalisé Américain pendant la guerre — il a répudié la nationalité française après la défaite — est considéré comme l'un des principaux animateurs de la Synarchie (1934-1940). Les précisions que nous donnons, par ailleurs, sur ce personnage montre qu'il appartenait à l'équipe de Jean Coutrot.

D'accord, semble-t-il, avec ce dernier, M. Hekking fonda en 1937 le groupe FRANCE 50, dont le siège était à Paris, rue Lord Byron.

Cette organisation, que M. Roger Mennevée qualifie d'occulte, parait bien avoir été l'une des branches de la Synarchie (ce qui ne veut pas dire que ses membres aient été consciemment des agents ou des instruments de la Synarchie).

Selon Les Documents (janvier 1956), le groupe FRANCE 59 se divisait en huit « équipes » ayant chacune trois « chefs », un « rapporteur » et un « membre de l'exécutif ».

Ces huit « équipes » étaient ainsi composées :
EQUIPE N° 1. — Equipe directrice dite « Cour d'Honneur ». Chefs : Raoul Dautry3, Liochon et le R.P. Dillard (S.J.) ; rapporteur : Couttet ; m. de l'Exécutif : J. Aubert.

EQUIPE N° 2. — « Div. M.I.A. ». Chefs : Giraudoux, G. Monod et Pierre de Lanux ; rapporteur : Ph. Fontaine ; Exécutif : F. Paraf.

EQUIPE N° 3. — Réalisations sociales. Chefs : René Belin, Dautry et Vialatte ; rapporteur : P. Hibout ; Exécutif : Maurette.

EQUIPE N° 4. — Réalisations économiques. Chefs : de Freycinet, Million et le R.P. Dillard ; rapporteur : Robert Marjolin ; Exécutif : J.-H. Adam.

EQUIPE N° 5. — Réalisations financières. Chefs : Baumgartner, Roger Auboin et Seynes-Larlanque ; rapporteur : Courtois de Viscose : Exécutif : Pierre Quesnay.

EQUIPE N° 6. — U.L.C.P.E.P. Chefs : Sirol, Roger Boutteville et Laffitte ; rapporteur : X... ; Exécutif : Sirwin.

EQUIPE N° 7. — Réforme de l'État. Chefs : Lucius, Milhaud et Robert Lacoste ; rapporteur : Hekking ; Exécutif : Paul Planus.

EQUIPE N° 8. — Action Extérieure Française. Chefs : André Siegfried, Guillaume de Tarde et Joxe ; rapporteur : P. Berthault ; Exécutif : Pierre Vasseur.

Parmi les participants aux réunions du groupe, le document utilisé par Les Documents signale particulièrement : MM. Alheing ; Max Bonnafous ; le Contrôleur général de l'Armée René Carmille ; le Contrôleur général adjoint de l'Armée Conquet ; Marcel Delanney ; Auguste Detoeuf ; Pierre Dieterlin ; Raymond Dreux ; Duchesne ; Perier de Feral ; Pierre Forgeot ; Haout ; Robert Hieguet ; Mitzakis ; Roger Nathan ; Patouillet ; Roger Picard ; Poniatowski ; J.-H. Ricard ; Ruffenach ; Alfred Sauvy ; Schwob ; Jean Terray ; Christian Valensi ; Verchaly ; le capitaine Vallerie ; le lieutenant de Montjamont, etc...

On remarquera que le monde des affaires, la haute administration et les milieux politiques étaient très largement représentés.

Premier Pouvoir social : l'Enseignant : Fédération, Alliance et non Union des Églises ; Fédération des Universités au nom de la Promesse évangélique. La représentation légitime est l'Assemblée arbitrale des Primats, des grands Maîtres universitaires, des Ministres de l'Instruction publique, présidée par le Souverain Pontife ou par son Légat.

Second Pouvoir social : le Juridique : sa Base est donnée par tous les Traités politiques existants. La représentation toute indiquée est l'Assemblée arbitrale des Souverains ou Chefs d'États chrétiens, assistés de leurs Ministres de la Justice, des Affaires étrangères, de la Guerre et de la Marine.

Troisième Pouvoir social : l'Économique: sa Base est donnée par les Traités de commerce et de communications maritimes et terrestres. La représentation naturelle est l'Assemblée arbitrale des Ministres des Finances, de l'Industrie, du Commerce, de l'Agriculture, de la Marine marchande et des Colonies de chaque pays.

1- Premier Pouvoir social : l'Enseignant : Fédération, Alliance et non Union des Églises ; Fédération des Universités au nom de la Promesse évangélique. La représentation légitime est l'Assemblée arbitrale des Primats, des grands Maîtres universitaires, des Ministres de l'Instruction publique, présidée par le Souverain Pontife ou par son Légat.
Second Pouvoir social : le Juridique : sa Base est donnée par tous les Traités politiques existants. La représentation toute indiquée est l'Assemblée arbitrale des Souverains ou Chefs d'États chrétiens, assistés de leurs Ministres de la Justice, des Affaires étrangères, de la Guerre et de la Marine.
Troisième Pouvoir social : l'Économique: sa Base est donnée par les Traités de commerce et de communications maritimes et terrestres. La représentation naturelle est l'Assemblée arbitrale des Ministres des Finances, de l'Industrie, du Commerce, de l'Agriculture, de la Marine marchande et des Colonies de chaque pays.
( Saint-Yves d'Alveydre - L'Archéométre, clef de toutes les religions & de toutes les sciences de l'antiquité – Edt Dorbon - 1934. Page 96)

2- Les organisations de M. Jean Rivain ont été, en effet, accusées de « synarchisme » en raison de la présence, parmi leurs membres dirigeants, de certaines personnes considérées, à tort ou à raison, comme des « synarques » ou des « synarchistes ».

3- (Note du Ringard) - Daniel Rops a dit de Raoul Dautry, qu'il avait non seulement de la suite dans les idées, mais aussi de la suite dans les actes. Le jugement prend toute sa valeur lorsque l'on assiste à son combat incessant pour donner à l'homme ce qu'il a sans doute de plus précieux: sa dignité. L'originalité de Raoul Dautry tient à sa qualité, sa vocation pourrait-on dire, de précurseur. Il est de ceux, très rares, qui ont vu clairement ce qu'il fallait faire voici trois quarts de siècle, et de ceux, bien plus rares encore, qui surent le faire. Animateur hors du commun, plusieurs gouvernements l'ont appelé aux tâches difficiles et de préférence impossibles. Bâtisseur toujours tourné vers l'avenir, il alla jusqu'au bout de ses forces, tout comme ses modèles, Vauban et Lyautey. Son nom reste gravé dans la mémoire du Rail et dans celle des grands services publics et privés dont il eut la charge. Il refusera l'armistice allemand de 1940, le régime de Vichy et le reniement des engagements pris par la France, prévoyant dès cette époque la victoire des alliés. Son authentique culture, sa haute conscience, l'attention qu'il porta aux déshérités, firent de lui un humaniste reconnu et admiré par ses pairs. Au moment de sa mort, il aurait pu dire "Je vois les reflets d'une aube dont je ne verrai pas le lever du soleil" tant il s'employa, toute sa vie, à construire le futur. Michel Avril, né en 1919, rencontre Raoul Dautry en 1942. Sur les conseils de celui qui deviendra son Maître à penser il poursuit ses études et, licencié ès sciences, entame une brillante carrière dans les Travaux Publics qu'il achèvera en 1986.

LEÇON # 4

Voici la suite de la série sur la synarchie. Il est étonnant de découvrir tant de personnalités impliquées dans cette société de pensée. Notre actuel gouvernement perpétue par sa filiation avec l'E.N.A. cette filiation.

L'étude approfondie du pacte synarchique permet de mieux comprendre les décisions qui nous paraissent contraire au bon sens établi. Ces hommes ont perdu le sens de la réalité et ont progressivement perdu le coté spirituel du projet divin de la France, ce dont Saint-Yves d'Alveydre nous a permis d'en comprendre la signification, de voir s'établir un ordre social mondial respectueux des différences de chaque peuple et de leur territoire. Permettant à notre Terre de vivre en harmonie dans ses différents corps à l'image de notre propre évolution physique humaine.

Tragique sera la déconvenue de ces personnages à l'humilité déficiente. La providence se chargera de réduire leur désir hégémonique à néant. La France sera toujours ce que le Plan initial a décidé que nous soyons.

Prenant l'exemple de l'Afghanistan, si l'on en croit Saint-Yves d'Alveydre, quiconque voudra en prendre possession sera réduit à néant. Le fief du Roi du Monde ne peut être conquis. Voyez l'empire anglais, il n'est plus rien. L'Empire Russe qui un jour a décidé de prendre possession de ce pays : disparu, comme le précédent le fut du temps du Star. L'Amérique, ces années sont comptées, la lente dérive et la dépravation d'une majorité de son peuple fera le reste. L'Europe sera elle aussi réduite à néant et les hordes de bédouins ou autres nomades en quète de rapines faciles repartiront dans leurs déserts sans rien d'autres que la souffrance car ainsi que l'affirme nombre de personnes ayant rencontrées le Roi du Monde et les différents écrits se rapportant à son existence, la France à une mission dans l'ordre divin qui ne tolère en aucune manière de voir s'établir en son coeur, une religion sectaire et cruelle car elle ne peut vivre de la haine et de la souffrance de ses actions ou le sang, la terreur, la soumission, l'inculture sont prônées comme une référence à un Dieu qui ne peut être que le masque d'un démon sanguinaire luttant contre le règne de l'équilibre et l'harmonie.

Ces pauvres esclaves soumis et irresponsables à un mythe, nous apportent la prise de conscience nécessaire à établir de juste relation avec notre environnement. Qu’ils en soient remerciés. Restons confiant en cet avenir qui s'annonce soucieux. Comment détruire notre nation, alors que le Christ en a fait sa demeure au travers de la royauté et de son peuple. Les sacrifices de nos ancêtres ne furent pas vains, ni inutiles ou alors à quoi tous cela aurait servi ? N'entendez-vous pas au fond de votre solitude, ces cris de souffrance et ces espoirs que nos anciens en mis en nous ?

Unissons-nous en leurs disant NON à ce monde où seul compte le pouvoir de domination de l'homme sur le règne minéral, végétal, animal et humain en désaccord avec les règles d'harmonie qui ont cours dans l'univers. Ce média que représente l'internet est le moyen de relier les hommes de bonne volonté, de créer les liens informels que réclame la lutte contre l'hérésie. Car chacun peut offrir sa vision de sa propre réalité à autrui, sans pour autant imposer sa pensée.

Si une action quelconque et dénué de profit de quelque sorte peut prendre forme, et si chacun dans sa sphère d'activité peut offrir par son amour, son aide et ses dons un peu de ce qui nous manque, peut-être cela sera-t-il l'opportunité nécessaire à la prise de conscience de l'ensemble.

Ces pauvres minables qui nous gouvernent n'ont pas encore compris qu'un gouvernement sans spiritualité n'est rien. La loi sur la laïcité est une hérésie et fera leurs pertes. La France fut construite sur la base d'un gouvernement ayant comme dirigeant un Roi. Ce Roi n'était que le représentant de Dieu sur terre. Sa tâche étant de faire un lien entre le divin et le monde temporel. Détruire cet équilibre fut le début de la crise que nous vivons aujourd'hui. Mais l’idée et la foi en celui qui donna sa vie est présente, même si pour certain cela représente un mythe, une histoire vieille comme la Terre, nous rappelons que l’harmonie ne peut s’obtenir que par le sacrifice de sa propre personne au profit de tous. Car affirmer que l’image donnée par certaines églises ou autres officines est déformée, manipulatrice n’est autre qu’un moyen de lutte pour exprimer la réalité d’un monde différent des pensées toutes prêtes destinées à mettre les hommes en esclavage.

Ce qui n’est pas le cas de ces avortueurs et autres schizophrènes à tendance paranoïaques qui veulent nous soumettrent à leurs propres Lois divines.

La suite de ces révélations sur la Synarchie sera le moyen de mieux appréhender les misères que notre pays devra subir pour obtenir sa rédemption et le pardon divin pour avoir tuer le représentant du Christ. Ces propos sont ceux de nombreux serviteur inconnus, prophètes et autres missionnés qui au cours des siècles ont affirmé la réalité de la vie christique au travers de leur vie quotidienne.

Le Ringardus dévoile ainsi qu’au travers d’une apparence, se cache une réalité plus vaste ou l’amour de son prochain peut prendre des chemins que la morale des hommes réprouve ou juge inconvenante, mais la vérité ne se trouve-t-elle pas en tout. Le mal n’est-il pas un bien pour qui sait en transcender sa présence et appliquer le pardon.

A suivre…

1
La Synarchie
La Synarchie ! Que de bêtises ont été dites ou écrites, depuis vingt ans, sur cette mystérieuse société secrète que d'aucuns relient à la Franc-Maçonnerie, d'autres à la Finance Internationale ou aux Jésuites.
Nous nous bornerons à dire, ici, ce que nous savons, a produire les pièces essentielles du dossier que nous avons réuni sur la Synarchie et les synarques. Nous voulons mettre les choses au point ; rien de plus. C'est au lecteur qu'il appartiendra, après avoir pris connaissance des faits et des témoignages que nous lui soumettons, de se faire une opinion et de conclure.
H.C.
Le 3 juin 1941, M. Pierre Nicolle, ancien président du Comité de Salut Économique, qui habitait à Vichy depuis que le Gouvernement y siégeait, notait dans son journal [1] :

« On parle à mots couverts d'une organisation secrète (Synarchie) réunissant des polytechniciens. A la tête de cet organisme se trouveraient Bouthillier et Berthelot ainsi qu'un nombre important de hauts fonctionnaires des Finances et des Travaux Publics. »

Le mois suivant, le 14 juillet, M. Nicolle ajoutait[2]:

« Dans la journée, j'apprends de sources très différentes que la Synarchie serait dévoilée et connue. Cette révélation causerait de grosses difficultés à ses membres. Après l'enquête menée par l'entourage du Maréchal, on dit que cent quarante personnes seraient appréhendées. »

Et, le 12 août, il précisait [3] :

« Le Mouvement Synarchique, que certains n'ont pas pris au sérieux, est une véritable entreprise d'intrigues et de complots. »

LES RÉVÉLATIONS DE « L'APPEL »
Quelques jours plus tard, un ancien vénérable de loge maçonnique, Jean Mamy, publiait dans L'Appel, hebdomadaire parisien dirigé par le commandant Pierre Costantini, un long article sur cette organisation [4]. Selon ces révélations, l'Etat français était non seulement investi, mais littéralement envahi par les affiliés d'un Mouvement Synarchique d'Empire, dont les liens avec la Maçonnerie paraissaient évidents.

Sans doute, l'auteur exagerait-il l'influence des Synarques dans les cercles gouvernementaux ; mais il semblait fort bien informé sur leurs intentions et leur identité.

L'article avait été naturellement visé par la censure allemande, chargée du contrôle de la presse en zone occupée ; de nombreux passages en avaient été cependant supprimés en raison des attaques qu'ils contenaient contre certaines personnalités vichyssoises [5].

Cette divulgation mit en rage le ministre de l'Intérieur d'alors, Pierre Pucheu ; celui-ci lança un mandat d'arrêt contre l'auteur de l'article et le directeur de la publication, mais sans succès, les pouvoirs de la police vichyssoise étant fort réduits en zone occupée.

LE RAPPORT CHAVIN
L'intervention de Pucheu s'expliquait d'autant mieux qu'il se sentait personnellement visé par ces révélations. Ne venait-il pas de limoger M. Chavin, inspecteur général de la Sûreté Nationale à Vichy, qui avait eu l'imprudence d'enquêter sur la Synarchie et d'adresser un rapport trop précis sur le M.S.E. et ses adeptes ?

Tout comme l'article de L'Appel, le rapport Chavin mettait en cause des ministres et des hauts fonctionnaires. Il affirmait que les conjurés voulaient non seulement remplacer le gouvernement parlementaire par un gouvernement autoritaire, mais qu'ils entendaient instaurer un régime dans lequel

« tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du grand patronat et des représentants dûment mandatés de groupes bancaires spécialement désignés pour chaque pays ».

Le rapport précisait que les affiliés du M.S.E. désiraient doter le pays d'une constitution politique et d'une économie nationale de structure particulière organisée conjointement en vue :

« 1e De placer le pouvoir politique directement entre les mains de mandataires de groupes intéressés, afin d'éliminer tout parasitisme intermédiaire ;

« 2 e De réaliser une concentration maximum dans chaque branche d'industrie, afin d'y supprimer toute concurrence ruineuse ;

« 3 e D'être maître absolu des prix de toute marchandise (matières premières, produits semi-finis et ouvrés) ;

« 4 e D'enfermer l'ouvrier dans un cadre juridique et social ne permettant plus aucune action extrémiste ou même revendicatrice de sa part. »

M. Chavin soulignait que le M.S.E. procédait à l'affiliation de ses adeptes à la manière du Martinisme [6].

« L'affiliation martiniste, écrivait-il, est la plus secrète qui existe.

Elle se fait d'homme à homme selon des rites particuliers, le nouvel initié étant seul, en face de son initiateur.

« Chaque nouvel initié reçoit deux numéros : celui qui est le -sien d'une part, et d'autre part, un numéro qui est celui de son initiateur.

« Ce mode de recrutement s'appelle la filiation par chaîne et il est spécifiquement martiniste.

« Il en résulte que chaque membre ne connaît, du groupement auquel il appartient, que son initiateur et les quelques sujets qu'il lui a été permis d'initier lui-même.

Un tel mode de recrutement présente, notamment, un avantage et un inconvénient majeur d'une part, l'avantage de réaliser un secret à peu près parfait et, d'autre part, de permettre des immixtions malheureuses donnant ultérieurement naissance à des chaînes d'esprit dissident.

L'affiliation au M.S.E. est de type martiniste.

« Dans l'affiliation au M.S.E., l'initiateur remet au nouvel adhérent un exemplaire du document fondamental que ce dernier revêt de sa signature. Ce document porte deux numéros, l'un qui est à l'initiateur, l'autre à l'initié.

« Cette filiation spécifiquement martiniste accrédite la probabilité du lien qui semble exister entre le M.S.E. dont Saint-Yves d'Alveydre devint le grand maître en 1889.

« RAPPORTS ENTRE LE M.S.E. ET L'ORDRE DES MARTINISTES.

« La nature des rapports existant entre le M.S.E. et l'Ordre des martinistes ne peut donner lieu qu'à trois hypothèses.

« 1re HYPOTHÈSE : LE M.S.E. EST LE MARTINISME VRAI.

Cette hypothèse rendrait compte du jugement si singulier porté par Waithe dans son ouvrage New Encyclopædia of Freemasonry (vol. II, p. 161) lorsqu'il écrit que le martinisme had, of course, shut its doors against Masons under authorized abediences et lorsqu'il affirme que depuis 1920, cet ordre a abandonné le rituel de 1887 pour se transformer en organisme clandestin.

« 2e HYPOTHÈSE : LE M.S.E. A IMITÉ LE MARTINISME.

Le principe de la filiation martiniste a été divulgué par différents auteurs, notamment par Jean Kostka : Lucifer Démasqué (Lyon, 1885).

Il a donc pu être imité et utilisé.

Cette hypothèse ne rend point compte des liens existant entre l'idéologie apparente du M.S.E. et la théorie synarchique, historiquement formulée par un grand maître de l'Ordre martiniste.

3e HYPOTHÈSE : LE M.S.E. EST UNE DISSIDENCE MARTINISTE.

Parmi les fondateurs du M.S.E., il a pu enfin se trouver un martiniste véritable, lequel a organisé le recrutement du M.S.E. sur le principe de la filiation en chaîne, et en outre, utilisé la notion de synarchie, puisée dans les travaux d'un ancien grand maître de l'Ordre, pour camoufler le contenu réel d'un mouvement de pensées, sans aucun rapport avec le martinisme traditionnel.

Le M.S.E. serait ainsi une sorte de « dissidence martiniste » dont l'existence a pu demeurer inconnue du plus grand nombre des martinistes français (tout en étant parvenue â la connaissance de Whaite).

« Cette hypothèse est la plus vraisemblable. »

Parmi les affiliés du M.S.E., le rapport Chavin citait Jean Coutrot, auquel il attribuait une position dirigeante, et diverses personnalités fort bien en cour à Vichy, dont le rôle fut assez considérable pendant l'occupation. Tous ces ministres, tous ces hommes politiques, tous ces hauts fonctionnaires étaient-ils vraiment des Synarques ? Il est permis d'en douter. Mais la plupart d'entre eux étaient certainement des amis. Les personnalités qui touchaient d'assez près à la banque Worms étaient d'emblée classées parmi les affiliés du M.S.E. : MM. Gabriel Leroy-Ladurie, Pierre Pucheu, Jacques Barnaud, etc. Il y avait aussi des banquiers comme M. Paul Baudouin, de la Banque de l'Indochine, des industriels, comme M. Paul-Louis Weiller, des inspecteurs des Finances, comme M. Jacques Rueff. Etaient également qualifiés de synarques MM. Jean Bichelonne, futur ministre, Yves Bouthillier, alors ministre des Finances (aujourd'hui collaborateur de M. Bloch-Dassault), Jacques Branger, ami de Coutrot, Édouard Chaux, membre du R.N.P. [7] et fondateur du Cercle Européen, Eugène Deloncle, fondateur du M.S.R.[8], Jean Filippi, chef de cabinet de Bouthillier, futur directeur général de la banque Louis-Dreyfus et Cie et futur ministre de la IV° République, Robert Gibrat, Jacques Guérard, un ponte des Assurances, le Suisse Georges Guillaume, l'ingénieur Francis Hekking, Henry Lafond, administrateur de sociétés, Yves Le Correc, de Pechelbronn, François Lehideux, des Usines Renault, Maurice Olivier, président du C.O. de la Fonderie, Henry de Peyerimhoff, des Houillères, Charles Rebuffel, des Grands Travaux de Marseille, Alfred Sauvy, attaché de Cabinet du Ministre des Finances Bouthillier, etc.

Ces personnalités, ainsi qualifiées de « synarques », permettaient au M.S.E., selon M. Chavin, de tenir « les principaux leviers de commande », dans l'entourage du Maréchal Pétain, au Gouvernement, dans les Comités d'Organisation et de répartition et dans certains groupes « collaborationnistes »

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[1] Pierre Nicolle : Cinquante mois d'Armistice, Paris 1947, tome I, p. 266.

[2] Ibid., pange 285.

[3] Ibid., page 305.

[4] L'Appel, 21 août 1941. L'article est signé Paul Riche, pseudonyme de Jean Mamy.

[5] La Propagandastaffel aurait même hésité, un moment, à autoriser cette publication, jugée inopportune par certains services allemands.

[6] Branche de la Franc-Maçonnerie, plus secrète que le Grand Orient.

[7] Rassemblement National-Populaire, de Marcel Déat.

[8] Mouvement Social-Révolutionnaire (pour ces deux partis, lire notre ouvrage « Partis, journaux et hommes politiques »).

[9] M. Chavin classait résolument le M.S.R. successeur du C.S.A.R., parmi les moyens d'action du M.S.E., et il signalait que plusieurs dirigeants du R.N.P. étaient des « synarchistes ». C'est, à notre avis, aller un peu loin. Il est vrai que M. Édouard Chaux appartenait aux cadres du R.N.P., mais Marcel Déat ne passait pas pour un ami de la Synarchie. Notons toutefois deux curieux détails : 1e l'ancien secrétaire général du R.N.P., M. Georges Albertini — qui fut en 1941 le collaborateur de Charles Spinasse. au journal Le Rouge et le Bleu (Coutrot était aussi un collaborateur de Spinasse, mais en 1937) est, depuis douze ans, le conseiller politique de la banque Worms et Cie, où il retrouve le colonel Dewavrin, dit Passy. (A quoi on peut répondre que M. Albertini a beaucoup évolué depuis 1944 et que L'OEuvre n'était peut-être pas, en juillet 1940, sous l'influence totale du fondateur du R.N.P.) ; 2e C'est dans l'OEuvre (15-7-1940) que Jean Coutrot publia son article « de rentrée » : « Cette impulsion — écrivait-il en parlant de la « transition entre l'économie de guerre et l'économie de paix » —, ne peut être donnée que par un puissant Ministère de l'Économie, de la Production, ou de l'Équipement National, réunissant, avec des Secrétaires d'Etat, tous les leviers indispensables : ce qu'il reste de l'Armement, le Commerce, les Travaux Publics, l'Économie Nationale, et sans doute le Travail. Peu d'hommes, niais des hommes dynamiques, avec, enfin des pouvoirs. Enfin des responsabilités. »

Voici la suite de notre roman sur la Synarchie ou l'en on apprend de belle sur la triste réalité de ceux qui nous gouverne. Savent-il que de jouer avec l'Ordre Social, don de Dieu, envers ceux qui respecte son amour, son aide et le don qu'il nous fait n'est pas une simple équation mathématique ou les hommes, les animaux, les végétaux et la Terre ne sont plus rien d'autres qu'une ressource pour satisfaire la pensée inique de quelques pseudo-élus.

Le savent-ils ?

"La pire des pauvretés n'est pas dans ce qui nous manque, mais dans l'ignorance de tout ce que nous avons".

Jacques Salomé, Apprivoiser la tendresse, C. H. 1213 Onex : Ed. Jouvance, 1989

La souffrance qu'ils nous infligent sera à la mesure de leur future détresse qui sera leur, incapable qu'ils sont de percevoir l'esprit qui influe sur la vie de toute cette planète.

OU l'on verra à travers ce texte, que ces braves élites aiment à se déguiser pour parvenir à une reconnaissance toute biblique. Curieux sentiment que celui-là, pour des hommes plein de l'altruisme qu'il nous vante à longueur de discours. Mais, nous y voilà, l'on va découvrir le Martinisme, qu'est-ce donc que cela ? Un ordre de chevalerie christique qui diffuse la pensée du masque et du manteau, celle du Phil... Inc... Louis-Claude de Saint-Martin (1). Mais connaissent-ils vraiment ces écrits ?

Je me suis laisser dire, il y a quelques années, vers 1988, par un grand Maître qu'au Grand Orient de France, les travaux ne furent pas fermés et que les réunions n'étaient plus vraiment dans la tradition du rituel. Bah! qu'importe... Comment dès lors peuvent-ils respecter les écrits et préceptes imposés par la mise en place de la Synarchie ?

Occultisme, philosophie hermétique, thaumaturgie, théosophie, et autres panacées rituelliques pour envieux de la Sainteté, voilà qu'un nouveau regard sur les prétentieux du Pouvoir se fait jour. Sont-ils si disciple que cela ou font-ils croire à l'encans, qu'ils savent ? Le Serviteur Inconnu utilise son manteau pour protéger son savoir et n'en pas faire montre auprès du profane. Le masque lui permet de se mouvoir parmi la multitude, sans dévoiler sa véritable personnalité. Le verbe qu'il utilise est souvent hermétique et s'il est parfois acerbe ou inspirant de la crainte, il n'est jamais prononcé pour attirer la haine, mais plutôt une réaction, une réflexion.

Mais trève de propos incongrus révélateurs d'une pensée bien différente de mes habituels pamphlets vipérins à l'égard de ceux qui dérogent à la Loi du Roi du monde et des Hommes de France, ses serviteurs. Voilà le Ringard qui se la joue mystique. Etonnant !!! Mais, l'on ne peut parler de synarchie sans parler du Martinisme.

Vous voulez retrouvez les textes antérieurs, une page spéciale Synarchie est en ligne sur le site conspiration.cc de notre ami Nenki :

http://conspiration.cc/conspir/synarchie_pacte.html (le pacte synarchique et les différents envois qui furent effectués sur cette doctrine et son organisation).
http://conspiration.ca/e_book/pacte_synarchique.pdf (rare et dangereux à posséder - sauf si des milliers de personnes le possèdent et le diffusent).

Merci Internet (un truc pas correct que celui-là, faudrait l'interdire, mais il rapporte trop d'oseille. Allez cochon qui s'en dédit.), Nenki et tous les autres : MERCI).

A suivre...

(1) Connu sous le pseudonyme du Phil... Inc... (Philosophe Inconnu), Saint-Martin porte aussi le titre de Théosophe d'Amboise.
Disciple et Secrétaire Intime de Dom Martinez de Pasqually, cet étudiant a sous certains aspects, dépassé son maître. Contrairement à Willermoz, son condisciple dans l'étude et l'application des obligations du Rite des Elus-Cohen, Saint-Martin est resté fidèle aux enseignements de son maître. Au contact des enseignements de Jacob Boehme (le Théosophe de Görlitz) et de Johann Georg Gichtel (le Théosophe d'Amsterdam), Saint-Martin ajouta aux prtiques théurgiques une dimension mystique qui a donné à son oeuvre une dimension éternelle.
Dénoncé comme réformateur, surtout par les disciples de Willermoz qui tentent ainsi de faire croire que leur chef de fille ne fut pas le seul à abandonner Martinez, Saint-Martin reste la source majeure de la voie cardiaque enseignée par le Martinisme Traditionnel.

05 - La synarchie

M.S.E ET MARTINISTE
Le rapport Chavin et les diverses notes confidentielles qui suivirent n'ont été connus du grand public qu'après la Libération. Mais, à partir de 1941, grâce à L'Appel d'abord, aux Documents Maçonniques ensuite, on savait ce qu'était la Synarchie.

Les deux études publiées par cette dernière revue comportaient un historique de la Synarchie et un exposé critique de sa doctrine et de son organisation. On y expliquait qu'à la mort de Saint-Yves d’Alveydre, survenue en 1909 à Pau, le groupe qu'il avait fondé parut tout d'abord végéter faute d'animateur prestigieux ; mais, qu'en 1922, un Mouvement Synarchiste d'Empire était né du besoin, selon un document cité, « de définir par la pensée, par l'expérience et par l'action, le sens de l'actuelle « Révolution mondiale ». Ce mouvement se proposait de préparer une révolution synarchiste en France ou plus exactement dans l'Empire fédéral français.

Les documents cités avaient été découverts au cours de perquisitions opérées chez des francs-maçons, notamment chez l'ancien député Gaston Martin[1]. Quelques mois après la rédaction du rapport Chavin, la police de Vichy en avait également trouvés à Lyon, au siège de L'Ordre Martiniste, illustré par Papus, et de l'Ordre des Memphis et de Missaïm, réorganisé par feu le Patriarche Jean II (à la ville, M. Jean Bricaud).

Le successeur de Bricaud à la direction du Martinisme, le Grand Maître Chevillon, fut naturellement interrogé par le commissaire chargé de la perquisition. Le 25 septembre 1941, jour de la découverte des documents au siège de l'Ordre Martiniste, rue des Macchabées, à Lyon, M. Chevillon fit des réponses éva­sives : « Ce sont, aurait-il dit, des documents communiqués pour mon information personnelle et d'ailleurs- assez anciens ». Le 30 septembre, interrogé de nouveau, il déclara que les dites piè­ces lui avaient été remises par Jeanne Canudo[2] afin « de pouvoir en comparer la teneur aux principes synarchiques de Saint-Yves d'Alveydre ». Elle lui aurait fait remarquer que l'ouvrage était strictement confidentiel.

Le 3 octobre, revenant sur ses premières déclarations, M. Chevillon adressait à la police une lettre donnant ces intéressantes précisions :

Il existait alors deux Ordres martinistes différents : celui qui venait d'être perquisitionné et que dirigeait le Grand Maître Chevillon, et l'Ordre Martiniste ancien et primitif, légalement appelé Ordre Martiniste et Synarchique, présidé par M. Blanchard, haut-maçon, fonctionnaire du secrétariat de la Chambre des Députés.

M. Chevillon ajoutait que l'Ordre dont il était le Grand Maître « a toujours évité soigneusement d'employer le mot synarchique, afin de bien marquer la différence entre les deux organismes.

« Le Martinisme régulier, ajoutait-il, en parlant naturellement du sien, sans mépriser aucunement les idées de Saint Yves d'Alveydre, ne s'en occupait pas spécialement ».

A l'appui de ses déclarations, M. Chevillon envoyait deux exemplaires du Voile d'Isis, revue officielle de l'occultisme, publiant les excommunications réciproques de ces deux obédiences. Détail curieux, dans ce numéro de février 1921, l'Ordre Martiniste et Synarchique, qui se considérait comme seul régulier, affirmait qu'il avait dénoncé l'irrégularité de l'Ordre de Chevillon aux Fraternités Initiatiques d'Orient et d'Occident et qu'il avait fondé, au mois de janvier précédent, un Suprême Collège de Synthèse initiatique d'Occident [3]. Or, la création du Mouvement Synarchique d'Empire date de 1922 [4]. S'agit-il d'une simple coïncidence ?

Ces documents étaient représentés par deux volumes, l'un ronéotypé, l'autre imprimé.

Le premier portait le titre suivant : « Les 13 points fondamen­taux et les 598 propositions du Pacte Synarchiste Révolutionnaire pour l'Empire français. »

Le second était intitulé : « Schéma de l'Architype social », autre­ment dit du type parfait d'Etat social.

LE LIVRE DORE
Selon le rapport Chavin, l'exemplaire du premier de ces volumes, tombé entre les mains de la police vichyssoise avant la perquisition de Lyon, se présentait sous la forme « d'un document ronéotypé de plus de cent pages, format in-8°, pourvu, d'une reluire de grand luxe constitué par un brochage fort de papier doré ».

Cet ouvrage publiait, en première page, un avertissement :

« Toute détention illicite du présent document expose à des sanctions, sans limites prévisibles, quel que soit le canal par lequel il a été reçu.

« Le mieux, en pareil cas, est de le brûler et de n'en pas parler.

« La révolution n'est pas une plaisanterie, mais l'action implacable régie par une loi de fer ».

A la page suivante, une « explication plus courtoise » affirmait que l'ouvrage était confidentiel et devait le rester durant la phase de la « Révolution invisible ».

« Il est, ajoutait-on, à la base de la Convention Synarchique Révolutionnaire de l'Empire Français » (C.S.R.) dont le but est la prise du pouvoir par l'instauration coûte que coûte d'un régime synarchique approprié » (p. VI).

Et l'on précisait :

« 1° Qu'il s'agit d'une révolution à faire par en haut. On ne fera pas de révolution par en bas avec son cortège d'émeutes populaires.

« 2° Que pendant la période préparatoire, il faudra être secret, et faire de la propagande de bouche à oreille et cela « jusqu’au jour ou sera atteint le point de cristallisation synarchique du pays. »

A la page suivante, figurait le texte du pacte synarchique révolutionnaire, présenté dans un cercle :

Je, soussigné,
ayant reconnu à travers les
« treize points fondamentaux » du M.S.E.
la ligne générale de la révolution qui
convient à la civilisation française dans sa
phase actuelle,
accepte par le présent Pacte synarchiste
français de me lier en C.S.R. avec les promoteurs
du Mouvement pour la France métropolitaine et
les pays de son ressort.
Je me porte à mon tour garant de ce Pacte
et y engage ma vie.
Je m’engage à ne pas rompre ce Pacte quoi
qu’il advienne avant que soit instauré dans l’empire
Français un régime synarchiste approprié.
Je m’engage à remplir dans la pleine mesure
de mes forces chaque mission que me sera confiée
à cette fin.
Je m’engage à ne proposer ce Pacte à quel-
que ressortissant français que ce soit ou à quelque
étranger déjà orienté qu’après épreuve et sous
caution, et seulement sous l’injonction d’un
mandataire du C.S.C.
En foi de quoi j’ai signé ici et scellé
le Pacte synarchiste français dans la
pleine liberté de nia conscience.
Fait à ...................... le ...................
en présence de mon cautionnaire
et de mes juges.

Au-dessus de ce texte, le récipiendaire avait apposé sa signature secrète, les lettres C.S.R. (Convention Synarchique Révolutionnaires) suivies de son numéro d'ordre dans cette organisation. Sur une page voisine, se trouvaient les mêmes lettres avec un autre numéro d'ordre.

Un examen hâtif des 13 points donne l'impression que le mouvement synarchique est un mouvement national axé à droite. En effet, dès les premières propositions, des appréciations sévères sur le parlementarisme « régime d'importation étrangère », sur le suffrage universel et l'usage qu'en fait le peuple, « ce souverain éternellement mineur », semblaient indiquer que l'on était en présence d'un mouvement royaliste ou fasciste. D'autant plus que l'on y affirmait hautement que « la Révolution synarchique, dans l'axe de la vie française, ne peut détruire aucune des valeurs traditionnelles élaborées au cours de notre civilisation nationale et qui sont demeurées dans les instincts, dans les coeurs et dans les cerveaux, dans les moeurs de la grande majorité des peuples de France ».

En fait, les propositions qui suivaient contredisaient ces affirmations, montrant que la Synarchie veut, par des méthodes anti­démocratiques et antiparlementaires, établir un régime aussi éloi­gné de la République que de la Monarchie.

D'autre part, la proposition 424 spécifiait que « toute propriété doit être un service public, une fonction sociale », et la 433e précisait que « l'effort de la Révolution synarchique doit tendre à clore le règne de la rareté et à instaurer le règne de l'abondance qui rendrait toute propriété indésirable, comme une cause de soucis accablants, la pleine jouissance personnelle de biens remplaçant alors la relative possession personnelle de biens ».

Le système synarchique aboutirait donc à une socialisation générale, les biens de tous étant placés sous la dépendance de quelques privilégiés exerçant un pouvoir quasi-discrétionnaire sur l'ensemble.

Le cadre prévu pour cette expérience dépasse largement le plan national. La France, par exemple, serait intégrée à une Europe sans Russie et sans Angleterre, à laquelle on ajouterait la partie de l'Afrique qui n'est pas anglaise :

« L'Empire synarchique français est déjà voulu comme le promoteur de la future paneurafrique, la future union fédérative des peuples et des nations libérées de l'Europe et de l'Afrique ». (Proposition 586).

« La Paneurafrique s'impose du fait même de l'existence d'une Europe surpeuplée, dynamique et suréquipée, à côté d'une Afrique sous-peuplée, statique et attardée ». (Proposition 587).

« L'Union Européenne doit sortir tôt ou tard d'un juste équilibre ou d'une conjugaison synarchique des poussées romaine, germanique, slave, en jeu dans l'Europe actuelle. Le mouvement synarchique d'Empire reconnaît toutes ces poussées et les sert toutes ». (Propositions 582 et 583).

A côté de cette Paneurafrique et du Commonwealth britan&SHY;nique seraient constitués trois autres grands empires fédéraux raciaux<!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]--> : Paneurasie (U.R.S.S.), Panamérique et Panasie.

Voilà qui ressemble étrangement aux conceptions de M. Jean Monnet, le « père » de notre Europe technocratique, et l'on com&SHY;prend que certains aient vu en lui l'exécuteur testamentaire de feu Jean Coutrot, l'un des dirigeants du M.S.E.

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[1]Auteur d’une Histoire de la Franc-Maçonnerie Française et d’un ouvrage fort instructif sur le rôle des loges dans la révolution de 1789.

[2] Jeanne Canudo, militante de gauche, appartenait alors à l'Ordre Inter&SHY;national Mixte Le Droit Humain (Maçonnerie réunissant hommes et femmes). Elle est devenue, après la Libération. gérante de la Sté J.-B. Janin (Editions), puis l'un des dirigeants du Mouvement Fédéraliste Franco-Allemand (cf. Le Monde, 8-8-1950). Elle fonda, à cette époque, le Prix Canudo, qui devait cou&SHY;ronner un ouvrage sur le cinéma. Elle mourut il y a une dizaine d'années. Lorsqu'elle animait les Etats Généraux de la Jeunesse (1934), elle avait pour collaborateur — officiellement co-fondateur — M. Armand Mora qui, selon Les Documents (février 1956), a joué avec elle un rôle important dans le recrutement synarchique direct ou indirect. M. Mora fonda, le 15 juin 1945, le Collège de l'ordre Socialiste (J.O., 8-7-1945) ; l'objet de ce « collège s. en ce qui concerne les deux premiers paragraphes, était tiré textuellement du « Pacte Synarchique » (propositions 5 à 11 et 242 à 304). Le journaliste André Gautier-Walter et son épouse figurent parmi les fondateurs de cette orga&SHY;nisation aujourd'hui disparue.

[3] Toutes ces précisions sont extraites de la revue Les Documents Maçonniques, paraissant à Paris et à Vichy, n• d'avril 1944, pages 185 et suivantes.

[4] Il est curieux de noter qu'à la même époque la Loge Agni, dépendant du Grand Orient de France, consacrait sa tenue du lundi 18 décembre 1922 à l'étude de la question suivante : « Comment les Jésuites mettent la main sur les techniciens ». Querelle de boutique ?

[5] Pour les Synarchistes une race « c'est l'ensemble des Individus visibles et invisibles qui ont atteint à la conscience de l'unité religieuse de socialité raciale ».

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http://www.rennes-discovery.com/Francais/personal_Fr.htm


Historique sur le Martinisme

L’ homme qui est à l’origine du Martinisme est le Marquis Louis Claude de Saint-Martin (1743-1803). Il naquit le 18 janvier 1743, dans la province française de Toursine. Son premier emploi fut celui d’homme de loi, mais il accepta ensuite une charge dans les armées, où, dit-on, il rencontra M. de Grainville, un membre important de l’Ordre des Elus-Cohen. Il semble bien que cet homme eut une influence significative sur Saint-Martin, car six années plus tard seulement, celui-ci reçut l’initiation aux aux Elus-Cohen. Il étudia les pratiques de cet Ordre pendant six autres années, mais perdit peu à peu le goût de leurs pratiques théurgiques. En 1770 Saint-Martin quitta l’armée et accepta un poste de secrétaire de Martinez de Pasquales. C’est pendant cette période (1775) qu’il publia son livre: ?Des Erreurs et de la Vérité?. A mesure que le temps passait, le goût de Saint-Martin pour les aspects théurgiques des pratiques des Elus-Cohendiminuait. En 1774, Martinez de Pasquales mourut. Saint-Martin tenta en vain de persuader aux Elus-Cohen d’adopter une forme plus chrétienne de mysticisme, mais ceux-ci restèrent totalement attachés aux enseignements et disciplines originaux de Pasquales. Voyant qu’une telle réforme était au-delà de ses capacités et qu’il ne gagnerait très probablement rien à suivre cette ligne de conduite, il se mit à répandre ses propres idées. Alors qu’il s’était engagé dans ces activités, il rencontra un Allemand de renom, Rudolph Salzmann; c’est sans doute grâce à celui-ci qu’il entra dans l’Ordre des Philosophes Inconnus. De 1777 1787 à environ, il parcourut l’Europe et établit de nombreux contacts importants, tandis que simultanément il abandonnait ses contacts avec les Elus-Cohen. A cette époque, il rompit également tous ses liens avec la franc-maçonnerie.

La Révolution française éclata avec violence en mai 1789. Le "Règne de la Terreur " institué par Maximilien Robespierre en profita pour débarrasser la société de tous les nobles sur lesquels les révolutionnaires pouvaientt mettre la main, et puisque Saint-Martin était d’origine noble, il se trouva constamment en danger. En dépit de cet obstacle qui aurait fait fuir tout homme normal hors de son pays, Saint-Martin continua à rencontrer ses adeptes dans ses appartements et à les initier à la théurgie de sa propre philosophie mystique. Pour éviter d’être reconnus par les espions qui abondaient, tous les membres du mouvement étaient obligés de porter des masques et de grandes capes pendant les séances. Chacun ignorait donc l’identité de son voisin.

Vers 1790 il se rendit en Russie où il rencontra le prince Galitzine; qui devint l’un de ses disciples et qui, par la suite, répandit les enseignements de Saint-Martin dans tout ?L’Ordre Russe de la Stricte Observance Templière?.

Bien que Saint-Martin n’éprouvât pas lui-même un enthousiasme débordant pour les ordres religieux, nous savons qu’il rassembla un grand nombre d’adeptes dans le monde entier, adeptes auxquels il était souvent fait allusion sous le nom de Supérieurs Inconnus. Et il a été mis en évidence que ces gens avaient créé leurs propres groupes en utilisant son nom et suivant ses enseignements. En fait, Saint-Martin fut seulement le catalyseur qui poussa les autres à créer leurs propres ordres basés sur ses enseignements. Le fil conducteur, dans tous ces ordres, est celui de l’Initiation. Cette initiation était très secrète et habituellement composée pour chaque impétrant.

Saint-Martin mourut en 1803. Ses très nombreux disciples, disséminés dans le monde entier, poursuivirent l’étude des enseignements et continuèrent à les transmettre par la voie de l’initiation, jusqu’à nos jours. Le résultat de cette initiation continue est qu’il existe une ligne ininterrompue d’initiateurs, qui remonte à Saint-Martin lui-même.

Qu’est-ce que le Martinisme?

En essence, le martinisme est un mouvement philosophique basé sur une philosophie mystique illuministe d’inspiration chrétienne, intégrant de la théurgie, pour faire bonne mesure. La croyance, au coeur de ce mouvement, est que l’humanité doit réintégrer son état original et divin. Ceci s’accomplit tant par la connaissance métaphysique que par les pratiques théurgiques, c’est-à-dire des pratiques magiques qui mettent l’adepte en contact avec des puisssances divines bienveillantes. L’initiation, qui était à l’origine conférée par Saint-Martin lui-même, accordait à l’adepte édification, illumination, habilitation. Au fil du temps furent ajoutés des sujets d‘étude comme le mysticisme chrétien, la théosophie, la Cabale, l’ésotérisme et l’hermétisme.

Initiation

L’on ne cherche pas entrer dans cet Ordre, mais on est invité à le faire, comme Saint-Martin l’avait prescrit. La cérémonie secrète applique le plus important des concepts, c’est-à-dire que l’initiation doit être conférée par quelqu’un qui fait partie de la lignée ininterrompue depuis Saint-Martin, des initiateurs martinistes. L’initiation en elle-même confère des pouvoirs qui permettent au martiniste de comprendre et de mettre en oeuvre les anciennes pratiques magiques.

Historique

L’ homme qui est à l’origine du Martinisme est le Marquis Louis Claude de Saint-Martin (1743-1803). Il naquit le 18 janvier 1743, dans la province française de Toursine. Son premier emploi fut celui d’homme de loi, mais il accepta ensuite une charge dans les armées, où, dit-on, il rencontra M. de Grainville, un membre important de l’Ordre des Elus-Cohen. Il semble bien que cet homme eut une influence significative sur Saint-Martin, car six années plus tard seulement, celui-ci reçut l’initiation aux aux Elus-Cohen. Il étudia les pratiques de cet Ordre pendant six autres années, mais perdit peu à peu le goût de leurs pratiques théurgiques. En 1770 Saint-Martin quitta l’armée et accepta un poste de secrétaire de Martinez de Pasquales. C’est pendant cette période (1775) qu’il publia son livre: ?Des Erreurs et de la Vérité?. A mesure que le temps passait, le goût de Saint-Martin pour les aspects théurgiques des pratiques des Elus-Cohendiminuait. En 1774, Martinez de Pasquales mourut. Saint-Martin tenta en vain de persuader aux Elus-Cohen d’adopter une forme plus chrétienne de mysticisme, mais ceux-ci restèrent totalement attachés aux enseignements et disciplines originaux de Pasquales. Voyant qu’une telle réforme était au-delà de ses capacités et qu’il ne gagnerait très probablement rien à suivre cette ligne de conduite, il se mit à répandre ses propres idées. Alors qu’il s’était engagé dans ces activités, il rencontra un Allemand de renom, Rudolph Salzmann; c’est sans doute grâce à celui-ci qu’il entra dans l’Ordre des Philosophes Inconnus. De 1777 1787 à environ, il parcourut l’Europe et établit de nombreux contacts importants, tandis que simultanément il abandonnait ses contacts avec les Elus-Cohen. A cette époque, il rompit également tous ses liens avec la franc-maçonnerie.

La Révolution française éclata avec violence en mai 1789. Le "Règne de la Terreur " institué par Maximilien Robespierre en profita pour débarrasser la société de tous les nobles sur lesquels les révolutionnaires pouvaientt mettre la main, et puisque Saint-Martin était d’origine noble, il se trouva constamment en danger. En dépit de cet obstacle qui aurait fait fuir tout homme normal hors de son pays, Saint-Martin continua à rencontrer ses adeptes dans ses appartements et à les initier à la théurgie de sa propre philosophie mystique. Pour éviter d’être reconnus par les espions qui abondaient, tous les membres du mouvement étaient obligés de porter des masques et de grandes capes pendant les séances. Chacun ignorait donc l’identité de son voisin.

Vers 1790 il se rendit en Russie où il rencontra le prince Galitzine; qui devint l’un de ses disciples et qui, par la suite, répandit les enseignements de Saint-Martin dans tout ?L’Ordre Russe de la Stricte Observance Templière?.

Bien que Saint-Martin n’éprouvât pas lui-même un enthousiasme débordant pour les ordres religieux, nous savons qu’il rassembla un grand nombre d’adeptes dans le monde entier, adeptes auxquels il était souvent fait allusion sous le nom de Supérieurs Inconnus. Et il a été mis en évidence que ces gens avaient créé leurs propres groupes en utilisant son nom et suivant ses enseignements. En fait, Saint-Martin fut seulement le catalyseur qui poussa les autres à créer leurs propres ordres basés sur ses enseignements. Le fil conducteur, dans tous ces ordres, est celui de l’Initiation. Cette initiation était très secrète et habituellement composée pour chaque impétrant.

Saint-Martin mourut en 1803. Ses très nombreux disciples, disséminés dans le monde entier, poursuivirent l’étude des enseignements et continuèrent à les transmettre par la voie de l’initiation, jusqu’à nos jours. Le résultat de cette initiation continue est qu’il existe une ligne ininterrompue d’initiateurs, qui remonte à Saint-Martin lui-même.

La synarchie - 06

L'ENIGMATIQUE JEAN COUTROT
Dans son rapport, M. Chavin avait, nous l'avons vu, désigné Jean Coutrot comme l'animateur, sinon le véritable chef du M.S.E. M. Roger Mennevée, qui étudie la Synarchie depuis vingt ans et que l'on peut considérer comme le grand spécialiste de la question, pense que le rôle de Coutrot, dans la bataille synarchique, « n'a pas été aussi important, ou, plus exactement, aussi « exclusif » que certains commentateurs l'ont exposé ».

« La mort de M. Coutrot, écrit-il, permet de couvrir bien des responsabilités et de dissimuler une activité nouvelle actuelle qui ne tend plus à conquérir le pouvoir en France, puisqu'on l'a, mais à étendre sa domination sur l'Europe et sur le monde, sous les masques d’un Fédéralisme Européen ou d'un Gouvernement Mondial [1].

Mais, ajoute-t-il, « Jean Coutrot joua, incontestablement, un rôle de premier plan dans la phase synarchique polytechnicienne » et même s'il ne fut « qu'un simple chef d'État-Major soumis à un Général plus effacé », son action et celles de ses collaborateurs, amis et alliés méritent d'être connue.

Beaucoup de nos contemporains n'ont jamais entendu parler de Jean Coutrot. Ce personnage discret exerça cependant une influence non négligeable dans les cercles, officiels, en particulier au temps de Léon Blum et du Front Populaire. Sa disparition ne fit pas plus de bruit que son passage au ministère de l'Économie Nationale.

Seul, croyons-nous, L'Appel consacra un petit entrefilet, d'ailleurs imprécis et partiellement inexact, à la fin mystérieuse de Coutrot. Le journal qui, deux mois plus tard, devait faire les révélations que l'on sait sur la Synarchie, publiait les lignes suivantes dans son numéro du 6 juin 1941 :

« Une mort subite et mystérieuse

« Il y a quelques jours est mort subitement à Paris, 51, rue Raynouard, un certain Jean Coutrot.

« Ce Jean Coutrot avait joué un rôle important dans la néfaste politique des Pierre Cot, Guy La Chambre, et autres saboteurs de notre aviation.

Oui, ce Jean Coutrot avait beaucoup « trafiqué » dans l'aviation.

N'appartenait-il pas à la plus secrète et la plus nocives des loges maçonniques : la Synarchie ?

Cela expliquerait peut-être sa mort mystérieuse. »

C'est le 19 mai 1941 que mourut Jean Coutrot. Selon les uns, il aurait été trouvé mort dans son lit, le matin ; selon les autres, il aurait été découvert mourant sur le trottoir, juste sous l'une des fenêtres de son appartement [2]. Suicide ? Exécution ? C'est difficile à dire. Dans une note reproduite à titre documentaire par Les Documents de M. Mennevée [3], il est question d'une déclaration que le malheureux aurait faite quelques jours avant sa mort :

« En raison de mon activité révolutionnaire, je me sens écrasé par la responsabilité que j'ai dans les malheurs de ma patrie... Dans certaines circonstances, le suicide est la seule solution compatible avec l'honneur. »

Que Coutrot ait été exécuté ou qu'il se soit suicidé, sa fin demeure mystérieuse ; on ne peut s'empêcher de faire un rapprochement entre cette mort inexpliquée et celle, non moins étrange, de deux de ses proches, MM. Théallet et Brulé.

Depuis le début de la guerre, Coutrot avait un secrétaire nommé Franck Théallet. Né le 22 juillet 1914, ce jeune licencié en droit et ès-lettres, qui avait été secrétaire d'un député de la Gironde,

M. Gellie, puis rédacteur au quotidien bordelais La Petite Gironde et secrétaire général de la Fédération des Cercles « Jeune France », était devenu le collaborateur de Coutrot.

Le 20 avril 1940, il part se reposer en Bretagne, s'alite en arrivant chez des amis, et, transporté aussitôt à l'Hôpital de Saint-Brieuc, meurt le 23 sans avoir repris connaissance.

Peu après, sa mère quitte Bordeaux et déménage pour venir habiter 22, rue de Pontoise à Paris ; pendant le déménagement les papiers personnels de son fils sont volés.

Après la mort de Théallet, Coutrot semble avoir pris un autre secrétaire, M. Yves Moreau, qui vient habiter le même immeuble, sur le même palier. Après la mort de Coutrot, suivant de peu celle de Théallet, c'est Yves Moreau qui prévient les amis du défunt : Bardet, Branger, etc. et ceux-ci viennent aussitôt expurger les papiers du mort.

M. Yves Moreau s'alite lui-même en juin et meurt le 19 octobre 1941.

« Peu après, en juin également, le beau-frère de J. Coutrot,

M. Henri Brulé, directeur des Papeteries Gaut et Blancan, meurt lui-même subitement ; il s'effondre sur le trottoir en sortant de chez un personnage important, M. Gabriel Leroy-Ladurie, qui passait pour être un des chefs de la Synarchie » [4].

On mourait décidément beaucoup dans l'entourage de ce synarque...

La personnalité de Jean Coutrot et de ses activités méritent d'être connues. Elles permettent de mieux suivre l'évolution du mouvement dont il était devenu l'un des principaux organisateurs.

Polytechnicien, combattant de 14-18, grand mutilé de guerre, Coutrot appartenait à une famille de la bourgeoisie, ayant des intérêts dans l'industrie du papier [5]. Autour de 1934, il pré&SHY;sidait la Chambre Syndicale des transformateurs de papier et gérait, avec son beau-frère M. Gaut, les Papeteries Gaut et Blancan. En juillet 1935, il était nommé membre du Comité des Économies au Ministère des Affaires Étrangères, par décret du 15 juillet (J.O., 24-7-1935), Pierre Laval étant président du Conseil et ministre des Affaires Étrangères. L'année suivante, il entrait au Ministère de l'Économie Nationale où il fut l'un des collaborateurs de M. Charles Spinasse, ministre socialiste du gouvernement Blum.

Entre temps, cet homme débordant d'activité, fut à l'origine de divers groupements, ou participa à leur direction. En 1931, il fonda, avec son ami Bardet, le groupe « X-Crise » qui deviendra, en 1933, le Centre polytechnicien d'Études économiques. En 1934, il participa au développement du Comité National de l'Organisation française, dont il sera nommé administrateur par l'Assemblée générale du 21 février 1935. La même année, il se trouvait parmi les fondateurs et animateurs de l'École d'Organisation Scientifique du Travail, créée sous les auspices du Comité précédent. Lorsque le gouvernement fonda, par décret du 25 novembre 1936, le Centre d'Organisation Scientifique du Travail, Coutrot présida son bureau technique permanent. L'année suivante, on le retrouve parmi les dirigeants du Centre d'Études des Problèmes Humains qui venait d'être créé. Il était parmi les organisateurs des Journées de Pontigny, qui réunissaient, une ou deux fois par an, pendant quelques jours, des personnalités amies du C.E.P.H. En 1938, il dirigea, avec divers animateurs du C.E.P.H., l'Institut de Psychologie Appliquée. Enfin, au début des hostilités, il figura parmi les participants d'un Groupement dit « non-conformiste ! » qui réunissait ses membres chaque semaine au restaurant Alexandre. Nous examinerons plus loin chacune de ces associations.

Conférencier disert, Jean Coutrot était aussi un écrivain fécond. Il collabora à L'Humanisme Économique et à La Semaine Cephéenne, deux périodiques qu'il contrôlait, et publia trois ouvrages : « L'Humanisme économique », « De quoi vivre » et « Les entretiens de Pontigny ». Il entretint, en outre, une correspondance abondante et suivie avec les personnalités les plus diverses — industriels, hommes d'affaires, professeurs, chefs syndicalistes, politiciens, etc. — tant en France qu'à l'étranger.

S'il est vrai que certains « cagoulards » ont eu des liens étroits avec la Synarchie, il ne semble pas exact, comme le rapport Chavin le laisse entendre, que Coutrot ait été membre du Comité Secret d'Action Révolutionnaire (C.S.A.R.). M. Mennevée affirme que l'on a jamais trouvé le nom de Coutrot « dans les listes de « cagoulards » tombées entre les mains de la police — ou publiées depuis »., ce qui confirme nos informations personnelles.

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[1] Roger Mennevée, in Les Documents, avril 1948, page 1. Les Documents paraissent depuis 1920 sous la direction de M. Mennevée. C'est l'une des meilleures sources de documentation sur les dessous de la politique et de la finance (16, boul. Montmartre, Paris, 99. Mme Coutrot a démenti, dans une lettre publiée dans La France Intérieure (15.7.1945), que son mari ait eu des relations avec la Synarchie. Mais, comme le fait remarquer M. Mennevée, on ne peut guère prendre au sérieux ses affirmations : il suffit de lire le « Pacte Synarchique » pour constater que s'y trouve, presque textuellement, les propositions que feu Coutrot faisait dans ses conférences et dans ses écrits, en particulier dans son « Humanisme économique », et dans ses articles de La Journée Industrielle des 1, 11, et 12 août 1938. (Sur les conférences de Coutrot. voir L'Usine, du 2-6-1938, Le Nord Industriel, du 22.10.1938, La Vie Financière, du 22 mai 1939).

[2] L'extrait des minutes des actes de décès de la Mairie du XVe arrondissement de Paris indique que : « Le dix-neuf mai mil neuf cent quarante&SHY;et-un, cinq heures trente minutes, est décédé rue de la Convention, 78 (c'est- à-dire à l'Hôpital Boucicaut. — N.D.L.R.), Jean-René Coutrot, né à Paris (7e) le vingt-sept mars mil huit cent quatre vingt quinze, négociant, officier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre, domicilié rue Raynouard 51, fils de Henri Coutrot et de Marie Eugénie Saillard, époux décédé, époux de Annette Gaut. Dressé le vingt mai mil neuf cent quarante et un. Transcrit le six juin mil neuf cent quarante et un ».

[3] N° d'avril 1948, page 5

[4] Ce n'est pas H. Brulé qui était le beau-frère de Coutrot, mais son frère Alex Brulé. C'est ce dernier qui mourut subitement en juillet 1941 ; ses obsèques religieuses eurent lieu à Saint-Sulpice le 19 juillet.

[5] Les fils de Jean Coutrot, MM. Antoine et Denis Coutrot, sont aussi dans les affaires. Le premier, né en 1918, H.E.C., est directeur général de la Société Hoover (machines à laver, aspirateurs) ; le second, né en 1922, participa à la direction de l'entreprise familiale Gaut-Blancan jusqu'en 1957, puis à l'administration de la Société Sincère, des Services Associés et de Féralco.

La suite de notre feuilleton sur la Synarchie, cette société secrète si méconnue. Il n'est pas simple de lire ce document, emplie de noms, de sociétés, de personnages connus et de leurs relations parfois qui vous surprennent. Cette société de dirigeants en communion d'idées n'existent plus me direz-vous. Certes plus sous ce nom, mais sous une autre forme, elle continue à oeuvrer pour notre plus grand "bien".
Si vous lisez les différents envois concernant notre avenir proche, vous y découvrirez une triste réalité de leurs existences. Ces malfrats de l'occulte à l'inculture manifeste.
Si l'argent venait à leurs manquer qui seraient-ils, que feraient-ils ? Rien, des minables pour la majorité incapable de survivre autrement que par la manipulation et la sauvagerie de leurs égoïsme.

Vous y découvrirez comment les responsables de syndicat utilisent les masses laborieuses pour obtenir la réalisation de leur idée. Ne vivons nous pas en ce moment une manipulation. Les sites surgissent sur Internet, apportant leurs rations de Haine, de directives, la censure semble disparaître et pourtant elle oeuvre en coulisse.

LE CENTRE D’ORGANISATION SCIENTIFIQUE DU TRAVAIL

Après la victoire électorale du Front Populaire, quand Jean Coutrot devint le mentor du ministre socialiste Charles Spinasse [1], le gouvernement créa le Centre d’Organisation Scientifique du Travail dont l’objet était d’étudier toutes les questions et de suggérer toutes solutions relatives à l’organisation scientifique du travail (art 2). M. Spinasse en fut le président et Jean Coutrot, le vice-président.

Ce dernier présidait, en outre, le Bureau Technique Permanent, dont les membres étaient désignés par le Ministre de l’Économie Nationale, Outre Coutrot, le dit Bureau se composait de :

MM. Marcel Bloch, ingénieur en chef aux Chemins de fer de Paris-Orléans-Midi, anc. administrateur des Transports Auxiliaires du Réseau Paris-Orléans et du Comité National de l’Organisation Française (puis son vice-président), fondateur et administrateur du Centre Polytechnicien d’Études Économiques (déjà examinés) ;

Francis Million, secrétaire adjoint de la C.G.T. et, à ce titre membre du Conseil National Économique, futur conseiller maître à la Cour des Comptes, puis directeur du cabinet du secrétaire d’État au Travail René Belin (J.O., 25-11-1941) ;

Raymond Treuil, chef du cabinet du ministre Spinasse, membre de la Taylor Society [2] ;

et Jacques Branger (que nous retrouvons dans tous les groupes Coutrot), chef du Service des Études Économiques au Ministère de l’Économie Nationale, secrétaire général, puis directeur et enfin directeur de la Caisse Nationale des Marchés de l’État (fondée par le ministre Spinasse), futur professeur du Cours d’Économie et de Technique bancaire au Conservatoire National des Arts et Métiers, membre du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique, directeur de l’Institut technique de Banque, président de la Compagnie Française pour l’Application de la Recherche Scientifique et membre du Conseil Économique.

Le secrétariat permanent était dirigé par M. Francis Hekking [3] qu’assistait un jeune ingénieur E.P.F.Z., M. Claude Bourdet, futur directeur de Combat et de France-Observateur, qui participait déjà à l’activité du C.P.E.E. (J.O. 5-12-1936).

A cette époque, deux personnages singuliers apparurent dans les coulisses du C.O.S.T. : MM. Hymans et Oppenheim ; le premier, israélite hollandais, était accrédité par la Royal-Dutch ; le second, également israélite, mais d’origine autrichienne, aurait été l’un des collaborateurs de la banque de Rothschild. Ils disparurent en juin 1940.

Un troisième personnage, dont il a été beaucoup parlé, aurait appartenu à la direction du Centre : Dimitri Navachine. Cet économiste russe [4] s’était installé en France en 1927. Martiniste authentique, il appartenait aux hauts grades de la Maçonnerie (Chevalier Kaddosh du Rite Écossais). Très lié avec Anatole de Monzie et Charles Spinasse, il aurait eu un rôle important, officieux plus qu’officiel, au C.O.S.T. Son activité aurait-elle porté ombrage à quelque groupe concurrent, ou à l’un des dirigeants du Centre ? Toujours est-il qu’il fut mystérieusement assassiné le 26 janvier 1937 au Bois de Boulogne et que la « Cagoule », fortement soupçonnée de Synarchisme, fut accusée du meurtre. Si l’activité du C.O.S.T. parait n’avoir eu que des résultats insignifiants — tels que l’acceptation du principe de l’unification du format des papiers à lettre et des formulaires administratifs ! — il est impensable que les réunions des commissions et sous-commissions de cet organisme, les études, les enquêtes, les rapports faits par leurs participants n’aient abouti qu’à d’aussi piètres effets. Faut-il conclure que l’activité administrative du C.O.S.T. cachait une activité plus secrète ? Le Centre étant en rapports constants avec toutes les grandes administrations centrales, tous les grands services publics, toutes les grandes affaires privées, on peut se demander si son activité officielle n’a pas servi de paravent à une opération de noyautage et de recrutement synarchiques au sein des grands corps de l’État et dans les grandes entreprises industrielles et financières...

LE CENTRE D’ÉTUDE DES PROBLÈMES HUMAINS
Le C.E.P.H., dont la création effective remonte, croit-on, à juillet 1936 [5], avait officiellement pour but de « regagner le retard des Sciences de l’Homme par rapport aux Sciences de la Matière. » Jean Coutrot et ses amis entendaient ainsi renouer avec « la tradition platonicienne et même socratique de la recherche collective » en réunissant « un certain nombre d’esprits de toute formation : psychologues biologistes, médecins, sociologues, littérateurs, ingénieurs » chargés d’étudier les « problèmes humains ». C’est au 9, rue Lincoln, à Paris (8°) que se tinrent les réunions en petit comité ; les séances collectives du travail eurent lieu à l’abbaye de Pontigny sous le nom de « Journées de Pontigny ».

La direction du C.E.P.H. était assurée par un comité exécutif animé par Coutrot et auquel appartenaient quatre personnalités séduites par les théories de celui-ci : le professeur Henri Focillon, de l’Université de Paris, le Dr Alexis Carrel, l’écrivain anglais Aldous Huxley et l’économiste suisse Georges Guillaume. Les membres conseillers du C.E.P.H., que la direction consultait, appartenaient aux milieux politiques et philosophiques très divers. Ils étaient au nombre de 40. Voici leurs noms :

Dr Allendy, Gérard Bardet (déjà nommé), Jean Baruzi, René Belin (futur ministre, alors secrétaire de la C.G.T.), Edouard Dolléans, Jacques Branger, Georges Bohu, Léon Brunschwig, René Capitant, Albert Chomé, Charles Baudoin, Paul Desjardins, Hya&SHY;cinthe Dubreuil, R.L. Dupuy, Adolphe Ferrière, Georges Fried&SHY;mann, Robert Lacoste (futur ministre de l’Algérie [6], J. M. Lahy, P. O. Lapie (futur ministre de l’Éducation Nationale), Henri Laugier, Lecomte de Nouy, André Lochard, André Loizillon, Dr Martiny, Paul Masson-Oursel, Georges Matisse, Jean Milhaud, Mme Maria Montessori, Roger Nathan, H. Oppenheimer, Dr Hosty, Marcel Prelot, Alfred Sauvy (futur collaborateur de l’Express) [7], Dr Paul Schiff, André Siegfried, Roger du Teil, Rév. Père Theillard de Chardin (dont le livre publié un quart de siècle plus tard devait faire sensation), Jean Ullmo, André Varagnac et Ludovic Zoretti (le socialiste pacifiste connu).

Il est évident que la plupart de ces personnalités ignoraient tout de la Synarchie et qu’elles servaient de « couverture » à Coutrot et à ses amis. Mais pas toutes...

L’INSTITUT DE PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE
En mai 1938, toujours au n° 9 de la rue Lincoln, fut créé l’Institut de Psychologie Appliquée dont le but déclaré était l’étude de l’application aux faits sociaux des données acquises par la psychologie individuelle (graphologie, physiognomonie, psychologie des sentiments, gymnastique mentale, etc...). Autour de Jean Coutrot et de son ami Gérard Bardet, on remarquait parmi les conseillers et animateurs de l’IPSA le professeur Henri Focilly, Georges Guillaume, Pierre Lévy, Paul Planus, les Docteurs Arthus, Held, Hijmans, etc...

Au début de la guerre un nouveau centre, mieux adapté aux circonstances, vit le jour sous le nom de Groupement ou Groupements non-conformistes. Les membres se réunissaient chaque lundi à 13 heures, au restaurant Alexandre, 18, rue des Cannettes, à Paris (6ème). Selon le rapport Chavin, assistaient à ce déjeuner : Mme Forbin, Mlle Yvonne Miche, MM. Braibant, Jacques Branger, Couturaux, Georges Guillaume, Mirles, Olin, Raybaud, Simon, Estèbe, Heurtaux, etc... Une revue, — dont M. Branger avait suggéré le titre —, Buts, devait répandre les idées du groupe, en liaison avec d’autres revues, comme Esprit, chrétien-progressiste, et Nouveaux Cahiers (du groupe Barnaud-Worms).

A ces « organismes de noyautage », M. Chavin ajoutait, dans son rapport, le Comité Central d’Organisation Professionnel (C.C.P.O.) siégeant 23, rue Chauchat à Paris, que présidait M. Maurice Olivier, secondé par M. H. Frèrejean. Le premier, président du Syndicat Général des Fondeurs, dirigeait de nombreuses entreprises de fonderie, de métiers à tisser, de filatures. Le second, qui portait le titre de délégué général, est aujourd’hui le directeur de Réalités et d’Entreprise (revue de l’homme d’affaires). A la tête de cet organisme se trouvaient également MM. Jean Lobstein, président d’honneur du Syndicat général de la Fonderie, et A. Detœuf, de l’Alsthom.

Dissous à la même époque que le C.O.S.T., le C.C.P.O. ressuscita en 1941 sous la forme d’un très officiel Centre d’Information Inter&SHY;professionnel, dont la direction fut confiée au synarchiste Gérard Bardet [8] et auquel collaboraient (selon Action, 8-11-1945), MM. Henri Cullmann, collaborateur de Bichelonne, Robert Buron, secrétaire du C.O. du Cinéma, Roland Pré, délégué général du C.O. du Bâtiment, François Perroux, Georges Izard, etc...

De leur côté, MM. Maurice Olivier, Lobstein et Detœuf devinrent les grands personnages des Comités d’Organisation créés par la loi du 16 août 1940 [9] : le premier présida le C.O. de la fonderie, le second participa à la direction du C.O. des industries de la forge, et le troisième anima le C.O. de la construction électrique. Ils n’étaient pas les seuls à s’être emparé des leviers de commande de la nouvelle organisation professionnelle : la plupart des amis de Coutrot occupaient alors, à Vichy ou à Paris, les postes essentiels de notre économie.

COMMENCEMENT D’EXÉCUTION
Selon le rapport Chavin, les membres du M.S.E., « au pouvoir depuis juin 1940 » s’étaient assigné pour tâche de :

1° Faire échec à la politique du nouveau gouvernement en ce qui concerne la révolution nationale pour tout ce qui serait sus&SHY;ceptible d’instaurer un régime jugé trop socialiste au sein du pays.

2° Saper à la base tout effort social pouvant avoir pour résultat d’affaiblir la position de certains groupes financiers internationaux et chercher, par tous les moyens, à renforcer la position de ces groupes jusqu’à ce qu’ils détiennent tous les leviers de la production industrielle.

3° Sauvegarder par tous les moyens, et dans tous les domaines intéressant l’économie, les intérêts même juifs, liés avec les groupes financiers intéressés au Mouvement.

4° Faire échec à toute tentative d’organisation économique ou douanière d’inspiration exclusivement européenne et ayant pour conséquence de rendre l’Europe continentale indépendante des importations américaines.

L’exécution de ce vaste programme nécessite la nomination de membres du M.S.E. à tous les postes importants des divers départements ministériels et notamment des ministères d’ordre économique : Finances, Économie Nationale, Travaux Publics, Travail, Commerce, etc.

Ce qui fut fait dans les plus brefs délais par la promulgation immédiate de la fameuse loi du 17 juillet 1940 suspendant le statut des fonctionnaires, et permettant de les révoquer et de pourvoir à leur remplacement sans autre formalité qu’un simple décret.

Parlant de l’action synarchiste sur le plan économique et politique, M. Chavin ajoutait :

« Les membres du M.S.E. mis en place, la réalisation des plans concertés commença immédiatement.

Sa première oeuvre (pièce principale de la nouvelle architecture de l’économie française) est la promulgation par M. René Belin de la loi du 18 août 1940, qui crée des comités d’organisation et de répartition établis sur les directives de MM. Bouthillier et Barnaud (ce dernier avait été placé comme directeur du cabinet de M. René Belin).

C’est grâce à cette organisation monumentale de l’Industrie et du Commerce que toute l’activité économique du pays pourra être contrôlée par un petit nombre de banquiers et d’industriels et accaparée à leur profit.

Le groupe synarchique procéda également très rapidement à l’éviction des conseils du gouvernement de certaines personnalités qui marquèrent une activité socialiste ou dangereusement révolutionnaire. Ce furent successivement

a) M. Adrien Marquet à l’Intérieur, suspect de tendresse pour un national-socialisme, trop ‘socialiste;

b) M. Alibert jugé révolutionnaire sur le plan juridique;

c) Enfin M. Pierre Laval suspect de sympathie pour un régime proprement national-socialiste et pour une autarcie économique européenne.

Toutes les opérations politiques pour l’éviction de ces trois suspects ont été dirigées par M. Bouthillier et ses seconds, et la victoire finale a été obtenue le 13 décembre 1940, avec la collaboration de M. Peyrouton qui fut l’exécuteur des plans du groupe synarchie. M. Peyrouton a réalisé la performance qui restera sans doute fameuse dans les annales de l’Intérieur en France, d’avoir été à la fois ministre chargé de faire la chasse aux Sociétés Secrètes (loi du 13 août 1940) et le jouet au sein même des conseils gouvernementaux, d’une maffia dont il a toujours ignoré l’existence. [10].

LES IDÉES DE JEAN COUTROT
Encore qu’il ne soit pas sûr que les idées de Coutrot aient été pleinement approuvées par tous les membres des groupes que notre synarque animait, il est intéressant de connaître le concept et la technique modernes de la Révolution synarchique tels que l’auteur de « L’Humanisme économique » l’exposait dans son fameux ouvrage.

Pour imposer sa pensée, Coutrot n’entendait pas faire appel à la raison de ses contemporains; il comptait parvenir à ses fins par le dressage psychologique des masses et de leurs guides, selon les méthodes publicitaires :

« Déjà, écrivait-il, il ne serait pas impossible à l’aide de ce que nous avons appris des lois de la psychologie collective de préciser une technique moderne de la Révolution; si l’on définit ce concept, en l’isolant du mythe confus souvent évoqué par ce mot, substitut des anciennes religions, objet de tant de fanatismes. Les barricades, les mitrailleuses, les exils et les tortures sont des techniques de gaspillage, dignes des peuples les plus primitifs, survivances des rites antiques du sacrifice humain. Un révolutionnaire méthodique a pour objet précis de transformer la structure sociale de son pays, de modifier dans une certaine mesure les esprits et les cœurs de ses concitoyens et de les convertir à son opinion propre. [11].

Et pour ceux qui resteraient réfractaires à ce dressage psychologique, Coutrot proposait le Sanatorium :

« On connaît l’extraordinaire développement des techniques de la suggestion : éducation, propagande, presse, livres, revues, ciné&SHY;mas, phono, T.S.F., télévision, qui poursuivent l’individu à toute heure et jusqu’au plus secret de son domicile, perturbant le déve&SHY;loppement de sa personnalité. L’immense majorité de nos contem&SHY;porains reçoit ainsi, tout faits, ses sentiments, ses idées : il est possible de peler les hommes par l’intérieur comme au creux d’un melon, on remplace des pépins insipides par un porto savoureux et de leur greffer sans douleur, ni gaspillage, le contenu psycho&SHY;logique choisi. C’est d’ailleurs ce que font à cette heure avec maestria tous les gouvernements totalitaires, en prenant, pour plus de sûreté, leurs sujets dès le berceau. Une époque qui dis&SHY;pose des mitrailleuses de la suggestion serait inexcusable de recourir encore à celles de Hotchkiss ou d’Armstrong, qui ont le grave tort de faire des martyrs, amorces indestructibles, en France, d’une résistance pour le présent, d’une réaction inévitable pour l’avenir. Le maximum de violence que pourrait se permettre un révolutionnaire méthodique, un Sorel au courant des progrès récents de la connaissance, serait sans doute le camp de concentration conçu comme un sanatorium provisoire, avec des professeurs et des infirmiers, ou l’on isole temporairement jusqu’à la fin de la cure, pour les empêcher de nuire ou de se faire mal, ceux que l’on n’a pu convaincre. »

Tout en déclarant le marxisme périmé, Coutrot affirmait « qu’il est possible, suivant d’ailleurs des méthodes qui pourraient être dite dialectiques, de proposer une solution de synthèse, seule via&SHY;ble et rationnelle en France de nos jours : La limitation de la propriété privée des moyens de production, mais limitation avec contrôle et coordination conservant tous les mobiles salutaires qu’engendrait l’appropriation privée, mais l’assortissant d’un nouveau schéma de la structure intérieure des entreprises et du milieu où elles vivent, supprimant les méfaits si justement signalés du capitalisme aujourd’hui défunt. »

Pour Jean Coutrot, la concentration des affaires et, en attendant, les ententes industrielles et financières, sont les bouées de sauvetage de notre économie. Il comptait mettre la force de l’État et ses moyens financiers au service des chefs de ces ententes :

« Les ententes [12] qui seraient constituées dans un délai très court seraient des ententes spontanées, à la vérité ; un peu la façon des aveux spontanés, mais en tout cas sous la pression des circonstances et non pas seulement sous celle des lois comme l’avait proposé M. Flandin, ce qui rencontrait alors beaucoup de résistances. Elles résulteraient en tout cas de la volonté élaborée et consciente des chefs d’entreprise (et, nous le verrons tout à l’heure, de leur personnel) ; interprétant les circonstances à la vérité impératives : plus impératives encore si l’État subordonne les avances de trésorerie qu’il a l’intention de consentir aux entreprises gênées, à la condition d’ententes dans leur industrie (ce qui est aussi pour lui le seul moyen de recouvrer jamais ses avances). L’État dispose de moyens inouïs pour déclencher la constitution d’ententes : en outre des précédents, il ne faut pas oublier que la plupart des industriels ont en carnet, un, deux ou trois mois de commandes à livrer. Si ces commandes sont livrées aux prix fermes auxquels elles ont été notées malgré les hausses formidables de salaires immédiatement appliquées, les avances de trésorerie consenties par l’État seront englouties par les pertes qui en résulteront. »

La classe ouvrière, dont les réactions ont, bien souvent, inquiété le patronat, doit être solidement tenue en laisse par l’intermédiaire des chefs syndicaux [13]. Dans ce domaine, il faut naturellement agir avec prudence, d’où la nécessité d’une « éducation » particulière :

« Mais le grand fait durable qui s’impose après les journées de juin 1936, c’est l’organisation syndicale de la classe ouvrière qui sera intégralement groupée dans quelques semaines à la C.G.T.

Cette union est cimentée par le souvenir imprégnant toutes ses fibres, d’un siècle et plus de difficultés quotidiennes et de luttes renouvelées. En dehors des lois, contrats collectifs, en dehors des prescriptions syndicales, la solidarité ouvrière est un sentiment tellement profond, quoique acquis, qu’il ressemble à un instinct.

Cette solidarité que déplorent ceux qui n’ont pas compris les leçons de juin 1936, d’autres peuvent, au contraire, s’en réjouir :

Tous, en tous cas, qu’ils s’en réjouissent ou le déplorent, doivent la tenir pour l’un des axes sentimentaux, économiques et politiques des hommes nouveaux et articuler sur lui les pièces de l’organisme économique.

Il est bien certain que tout cela n’est pas encore très neuf et comporte des ratés : on n’a point fait faire des études juridiques aux ouvriers qui n’ont pas l’habitude de négocier, de contracter, de respecter, les clauses multiples de contrats complexes, même ceux qu’ils ont réclamés avec tant d’énergie. Beaucoup ne sont pas encore assez conscients, assez organisés pour être soustraits aux mouvements de foules, vaccinés contre les agitateurs irresponsables ; ils ont, comme d’ailleurs beaucoup d’employeurs, toute une éducation à faire, ou à refaire, des réflexes nouveaux à acquérir. De sujets d’un monarque absolu, ils sont devenus citoyens de royaumes constitutionnels à la manière anglaise, et nous savons que les Français de la Restauration eurent autant de mal que Charles X à s’entraîner à ces nouvelles manières.

Une éducation de tous les mondes est nécessaire, particulièrement l’éducation des musses ouvrières, parce qu’on ne les a pas habituées à raisonner, à collaborer, à se poser des problèmes et à les résoudre. Depuis un grand nombre d’années on a essayé de les habituer à une obéissance aussi passive que possible, en tâchant, bien sûr, de leur expliquer les ordres qu’elles recevaient, mais on n’en avait pas toujours le temps, et la collaboration obtenue résultait d’un système de pression et de contrainte. J’ai, à chaque instant, l’impression et la preuve qu’aujourd’hui, après juin 1936, on peut renoncer dans la plupart des cas, à ce système de contrainte et de sanctions. »

Les syndicats ouvriers, dûment stylés, serviraient de police éco&SHY;nomique auxiliaire au grand patronat :

« Il n’y a pas d’autre solution que la suivante constituer immé&SHY;diatement des Ententes limitant la concurrence entre les entreprises qui accordent des salaires accrus, et s’appuyer sur la force jeune de l’organisation ouvrière, qui s’initiera ainsi peu à peu aux multiples difficultés de la gestion industrielle, pour garantir le bon fonctionnement des dites ententes. »

Et comme il importe de mettre au pas les patrons comme les ouvriers, le synarque entendait que la pression de ceux-ci puisse s’exercer sur ceux-là :

« Si l’un des membres (patrons), en effet, veuf manquer à ses engagements ou si une dissidence nouvelle veut pratiquer des con&SHY;ditions anormales, de nature à compromettre la marche des entreprises et le versement régulier des salaires convenus, l’organisation syndicale ouvrière peut, au cas où le contrôleur de l’Entente n’aurait pas réussi, à ramener le défaillant à la raison, l’appuyer par une pression si énergique que la stabilité de l’entente est assurée ad æternum. »

Naturellement, Coutrot tenait compte de l’inégalité des hommes. Mieux, il voulait l’organiser, la codifier. Il traçait les plans de cette inégalité « rationnelle » :

« Ici se pose une question capitale, et que nous aurons à résoudre dans des cas très nombreux : celle du taux d’inégalité à considérer comme normal entre les hommes.

... Il est, en effet aujourd’hui évident là encore à tout esprit équilibré que les solutions cruelle& du capitalisme libéral, asphyxiantes du communisme égalitaire, doivent toutes deux être remplacées par une solution synthétique caractéristique, elle aussi de ce système nouveau qu’est l’Humanisme [14] économique et que je baptiserais : organisation rationnelle, sans doute, — mais l’homme n’est pas fait de raison seulement ; tout ce qui en lui existence et obéit à des lois toutes différentes dont j’ai rappelé dans un autre ouvrage la forme universellement ondulatoire — donc organisation rationnelle sans doute, mais surtout organisation humaine de l’inégalité. C’est-à-dire détermination des échelons d’inégalité, des possibilités de franchir chacun d’eux, de la durée de séjour à chaque niveau, en tenant compte non seulement de l’équité et de la logique, des intérêts de la production et de l’avenir de la race, mais aussi de l’intransigeance de nos appétits, du rythme de nos satiétés et de nos dégoûts : en un mot de la forme de nos courbes de sensibilité, de toutes nos conditions humaines d’équilibre intérieur et extérieur. »

La main-mise sur les entreprises était une des préoccupations essentielles de Coutrot. Sous prétexte de contrôler les comptabilités, les synarques pourraient contrôler toute l’économie française :

Bien entendu, un « Ordre » des comptables, analogue aux chartered accountants anglo-saxons, est aussi indispensable qu’un « Ordre » des Contrôleurs d’ententes, un « Ordre » des chefs d’entreprises. Les comptabilités sincères et contrôlées par des experts, doivent être à la disposition de quiconque a un intérêt à les connaître, intérêt qui devrait être homologué par une des autorités économiques. La vertu désinfectante de la lumière est telle, écrivions-nous déjà dans le Plan du 9 juillet (1934) [15] que cette simple mesure suffirait presque à assainir la jungle obscure des sociétés anonymes et autres : une économie ainsi rendue transparente serait déjà presque une économie coordonnée, au moins coordonnable, puisque tous les facteurs économiques des décisions seraient explicités, toutes les statistiques connues, exac&SHY;tes et contrôlées.

« Le Conseil National Économique rénové pourrait ainsi jouer son rôle. »

Sous prétexte de faire disparaître le prolétariat, notre synarque prévoyait l’organisation d’un stakhanovisme collectif :

« Nous avons, pour abréger, conservé jusqu’ici les termes de salaire et de salariés. Mais la rémunération ouvrière devra résulter à l’avenir, non plus même des salaires fixés par accords collectifs, mais de contrats d’entreprises analogues à ceux dont H. Dubreuil a rassemblé quelques-uns, en partie celui de la commandite aux pièces pour la composition en imprimerie, ou des porteurs de bagages dans les gares. Un groupe d’ouvriers spécialisés (et tous le seront bientôt comme nous l’avons montré ailleurs) négocie librement avec son chef d’entreprise et s’engage à exécuter une production déterminée pour une somme convenue qu’il répartit ensuite librement entre ses membres. Il constitue, en somme, ainsi une petite coopérative qui, fédérée avec d’autres, finira par consti&SHY;tuer l’entreprise toute entière. »

Il y a dans « l’Humanisme économique » bien d’autres pages significatives, que nous pourrions citer. Coutrot ne manquait pas d’idées. Il en manquait d’autant moins que, porte-parole de la Synarchie, il ne faisait qu’exposer le plan qu’un groupe mystérieux avait soigneusement mis au point en vue d’une prise du pouvoir, qu’il espérait prochaine.

UNE CRITIQUE PERTINENTE DU PLAN COUTROT
Le livre de Jean Coutrot souleva peu de commentaires dans la presse. Ne s’adressant pas aux foules, l’auteur se souciait peu de voir ses idées discutées sur le Forum.

Il y eut, toutefois, un journaliste que les conceptions synarchiques de Coutrot inquiétèrent : M. Paul Bénédix, rédacteur à Courrier Royal. En première page de l’hebdomadaire du comte de Paris il publia, peu avant la guerre, un long article où il brossait ce portrait de l’auteur d’ « Humanisme économique » [16] :

« Un curieux homme, M. Jean Coutrot. Très instinctivement grand bourgeois. Un des rares « pipos » qui aient su s’affranchir dans une certaine mesure des rigidités et des frigidités d’une école qui ne pêche point par excès d’humanisme. Ses livres (L’Humanisme économique — De quoi vivre) sont sinueux et lyriques. C’est qu’il a « glané sur les champs dévastés des mythes et des religions ». C’est qu’il s’est frotté à la philosophie, a frôlé le fruit tentateur des métaphysiques. C’est aussi que la musique a soulevé sur ses ailes enchantées l’âme que les sciences exactes n’avaient point desséché. M. Coutrot ne distille pas l’ennui mortel d’un Auguste Comte.

Par ailleurs, M. Coutrot n’est pas qu’intellectuel pur, industriel et président de la Chambre syndicale des transformateurs de papier, rien de ce qui concerne l’organisation scientifique du travail ne lui est étranger. Il connaît son Le Châtelier et son Taylor.

Enfin, il est un des fondateurs de l’X-Crise, où il nous semble distinguer comme un des drageonnements de feu le Redressement français.

Tant de qualités chez un homme dans la force de l’âge, la formation scientifique alliée à la culture littéraire, la pratique des idées, des hommes et des choses, l’aisance de la plume et du propos désignaient M. Coutrot comme chef de file aux suffrages de ceux qui cherchaient, sentant le sol trembler sous leurs pas, à conserver leurs rôles de dirigeants et le confortable casuel qui y est attaché. Il s’était essayé dès le Plan du 9 juillet, à jeter les bases d’une société, peu différente de celle qu’a envisagée Henri de Man, où la ploutocratie féodale change de nom et devient technocratie humaniste. On sait ce qu’il advint du Plan et du Groupe. Ils se brisèrent devant l’élan du syndicalisme purement ouvrier. Nous retrouvons l’esprit du Plan, sinon sa lettre, dans l’Humanisme économique. Avec cet additif et cette aggravation qu’ayant compris la difficulté, M. Coutrot la tourne, en tentant d’incorporer le syndicalisme à la technocratie par l’ap&SHY;pât des hauts salaires et l’échelonnage des « rations » pour employer son terme d’intendance. Ce ne sont là, il faut le reconnaître, que vieilles idées et plus vieilles pratiques. »

Puis, analysant l’oeuvre de Coutrot, le journaliste de Courrier Royal ajoutait :

« Nous avions attendu pour parler du sujet que le vice parlementaire ait rendu à la vertu technocrate ce secret hommage-lige.

Tant que les idées voltigent et papillonnent autour des cervelles, on peut attendre. Leur essaim est diapré et leur frôlis divertissant. Mais leur semence germant et levant sur le terrain des réalités, il est des idéologies qui paraissent subitement dangereuses. Celles de nos idéologues polytechniciens ne tendent à rien moins qu’à asseoir sous le couvert des Ententes industrielles la domination des Magnats de l’Économie, qu’à caporaliser et hiérarchiser le peuple, depuis le manoeuvre à une ration et à la simple gamelle jusqu’au généralissime industriel à quarante rations et à trente-six services. D’autre part, cette doctrine, conçue sous un angle purement industriel, postule l’évolution de la nation à sens uni&SHY;que : celui de l’industrie. Elle néglige le fait essentiel que la France est un pays à double économie : paysanne et industrielle. Nous ne tenons nullement à n’être qu’un pays de contre-maîtres et d’ingénieurs. Nous avons besoin, pour être complets, d’être aussi un peuple de libres et fiers paysans.

Qui dit économie dirigée dit centralisation. Qui dit centralisa&SHY;tion dit oligarchie. Qui dit oligarchie économique dit oligarchie politique. Le système de l’Humanisme économique aboutirait tôt ou tard à une sorte de République mercantile de Venise où le Conseil des Dix — qui ne sortirait pas forcément de l’X, témoins certains rois-du-cochon ou rois-des-huiles — réglerait la vie du pays selon leurs intérêts propres. Peut-être, par souci d’huma&SHY;nisme, parce que c’est un spectacle gratis et grotesque et aussi un dérivatif, laisserait-on au peuple le guignol parlementaire. Peut-être y accrocherait-on la fatidique pancarte cromwelienne et renverrait-on les médicastres, les avocaillons, les barbacoles et les barytons à leurs sous-préfectures dont ils feraient la désolation après en avoir fait l’orgueil. Il est certain en tout cas que le capitalisme continuerait à vivre selon ses lois internes : celles de la concentration des capitaux et de la rafle des profits.

Nous entendons bien que M. Coutrot, philosophe et en quelque sorte poète de l’ordre nouveau, n’a pas de si noirs desseins. C’est une âme candide. Les « Pipos » sont presque tous des sentimentaux refoulés par le calcul différentiel.

Nous entendons que M. Coutrot cherche à résoudre, lui aussi, le problème de la quadrature sociale, en cherchant à fondre et à « liquider » le double complexe de « méfiance » patronale et d’ « infériorité » ouvrière par la collaboration. Comment peut-il espérer qu’il y ait collaboration là où il y aura concentration et... hiérarchie des rations ?

On ne change pas les hommes en un jour. Dans un système qui n’a pas de régulateur, entre la base et le sommet, il y aura toujours conflits d’autorité, frictions de jalousie, ferments de haine, germes de « lutte de classes ». Même si le bien-être général est accru, « prolétaires » et « bourgeois » se retrouveront face à face. Une différence d’autos, de table, d’ameublement, de confort, creusera le fossé. »

C’était en 1937. Jean Coutrot était le mentor du ministre de l’Économie Nationale. Quelques années plus tard, ses amis allaient occuper des postes considérables dans l’État français. [17].

Où sont, aujourd’hui, les Synarques ?

LES SYNARQUES DE LA IV° ET DE LA Ve :
LES TECHNOCRATES
Il ne fait aucun doute que la période 1940-1944 fut particulièrement favorable aux amis de feu Coutrot. Il est non moins certain que ces derniers eurent alors des intelligences aussi bien dans les milieux industriels allemands — principalement autour de Goering — que dans les milieux d’affaires américains et anglais, voire même dans les hautes sphères gaullistes de Londres et d’Alger [18] où les ex-cagoulards étaient nombreux [19]. Mais il est difficile d’affirmer que telle ou telle personnalité était réelle&SHY;ment affiliée au très secret Mouvement Synarchique d’Empire. Il est même impossible de dire que ce dernier a longtemps survécu à son animateur.

Après la Libération, aucune enquête judiciaire ne pût prouver qu’il y avait eu complot concerté. A tel point que des observateurs impartiaux (ou insuffisamment informés) en ont conclut que la Synarchie avait été bien plus une mentalité, une manière de penser et d’agir, qu’une véritable conspiration.

Quoiqu’il en soit, pour qui ne veut pas se mettre volontaire&SHY;ment un bandeau sur les yeux, il est évident que l’esprit synarchiste a survécu et qu’il anime aujourd’hui un groupe puissant de technocrates qui rêvent de faire de notre pays un grand corps sans âme, habité par un peuple de robots.

Jean-Louis MARTIN.

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[1] La présence de Coutrot auprès d’un ministre du Front Populaire indigna certains éléments de gauche, dont Georges Valois se fit le porte-parole dans Nouvel Age des 13. 18. 22 et 23 décembre 1936. « Nous demandons au Populaire, à l’Humanité, au Peuple — écrivait un rédacteur de Nouvel Age, le 13 décembre 1936 — de donner des informations à leurs lecteurs sur cette création, et de leur dire les Jugements qu’ils portent sur ce Bureau de Plans aux mains de technocrates du néo-capitalisme. »

[2] Dans Au temps des Illusions (Genève, 1946), M. H. du Moulin de la Barthète, proche collaborateur du -Maréchal Pétain à Vichy, écrit : « La personnalité de Coutrot m’intriguait. J’interrogeai à son suet deux de mes amis : Treuille (sic), un ancien camarade d’escadrille en Syrie, polytechni&SHY;cien lui aussi et collègue de Coutrot an cabinet de Spinasse et Louis Vallon, économiste et socialiste, adepte de l’école mathématique autrichienne de Walras, qui fit partie, plus tard, du Cabinet du Général De Gaulle. L’un et l’autre se montrèrent assez sobres de détails, et je compris qu’il était des sujets auxquels il valait mieux ne pas toucher. »

[3] Sur le secrétaire permanent du C.O.S.T. les Documents d’avril 1948 donnent les précisions suivantes : « M. Francis Hekking est né le 4 septembre 1911 à Nancy. Ancien Élève de l’École Polytechnique promotion 1930 ; Manufactures de l’État ; Ingénieur à la manufacture d’allumettes d’Aubervilliers. Fut l’un des principaux personnages de l’entourage de Jean Coutrot dans « l’équipe synarchique polytechnicienne. Collaborateur à la revue L’Humanisme Économique. Membre du Comité National de l’Organisation Française. Membre du Comité d’organisation des Journées d’Études des Administrations Publiques (1937). En décembre 1936, avait été nommé par décret du 1er (J.O. 5-12), Secrétaire permanent du Centre National d’Organisation Scientifique du Travail au Ministère de l’Économie Nationale, sous les ordres de M. Coutrot qui assurait la présidence du Bureau Permanent du même Comité. Fonde en mars 1937, le groupement « France 1950 » dont l’activité est clandestine (aucune déclaration de création ou d’existence) et sur lequel nous ne pos&SHY;sédons pas de renseignements précis. Pendant la guerre de 1939-1940 est attaché à la Direction des Ressources Économiques au Ministère de l’Armement, où il est le collaborateur de M. Roger Nathan. En mars 1940, M. Dautry, ministre de l’Armement — et, lui aussi, synarchiste notoire — l’envoie en mission aux États-unis .Après la débâcle, M. Hekking reste aux États-unis où il répudie la qualité de Français pour prendre la nationalité américaine. Il se fait gratifier du grade de « major » (commandant) et rentre en Europe, après la victoire, comme organisateur administratif du procès de Nuremberg ».

[4] Dimitri Navachine, fils d’un professeur de botanique et d’une israélite, naquit à Moscou le 30 août 1889. Ayant fait ses études de Droit à Kief, berceau de la famille de sa mère (a-t-on dit), il se fit inscrire au barreau de Moscou peu avant la 1ère guerre mondiale. Il prit part (de loin) à la révolution de 1917 et fut nommé par Kérensky vice-président du Comité Central de la Croix-Rouge pour les prisonniers de guerre. Les bolchevicks le nommèrent plus tard au Bureau d’Études Économiques de la Banque pour le Commerce et l’Industrie de Moscou (1924), puis l’envoyèrent à Paris diriger la Banque Commerciale pour l’Europe du Nord (1927-1930). Il se lia avec des maçons français et s’affilia à la Maçonnerie française (on trouve son nom dans les documents maçonniques des années 30 : « D. Navachine, banquier, 28, rue Michel-Ange, Paris, 16ème ». Il écrivit des études économiques qui parurent dans diverses revues et un ouvrage publié par Alcan (1932) intitulé « La Crise et l’Europe économique ».

[5] La déclaration officielle date du 29 avril 1937 (J.O., 29-5-1937).

[6] Il est curieux de constater que M. Lacoste figure parmi les actionnaires de la Société (très fermée) Francarep pour 2 millions de francs : la banque Worms et Cie, considérée comme le centre de la Synarchie sous l’occupation, est précisément, avec la banque de Rothschild frères, la fondatrice de cette société pétrolière.

[7] On retrouva, quelques années plus tard, M. Alfred Sauvy (avec M. Robert Lacoste) au Centre Français de Synthèse, « placé sous la haute protection du Maréchal Pétain, chef de l’État ». (L’Unité Française, n° 10, juillet-décembre 1943).

[8] M. Bardet venait d’être nommé administrateur des Ets Japy frères (contrôlés par la banque Worms), fonctions que Pierre Pucheu venait d’abandonner pour devenir ministre du Maréchal Pétain. Il fut, de 1941 à 1944, secrétaire général du Conseil Supérieur d’Économie Industrielle et Commerciale, membre de la Commission d’Études de l’Organisation Économique, du Comité d’Études des Petites et Moyennes Industries, du C.O. de la Construction et du Commerce des Machines pour les Industries textiles, graphiques, chimiques, les matières plastiques et l’alimentation, et vice-président du Conseil Supérieur du Travail. Même après la guerre, M. Bardet est resté lié à la banque Worms, qui contrôlait ses entreprises personnelles en particulier les Machines Automatiques Bardet, dont M. Jean Vignal, ancien inspecteur des Mines et associé de la S.A.R.L. du journal Le Monde, était administrateur en 1947.

[9] Le rôle de ces C.O. consistait principalement à recenser les entreprises, à arrêter les programmes de fabrication, à proposer aux autorités le prix des produits et services et à veiller à la formation des ententes. Les trusts y furent très largement représentés par leurs dirigeants ou leurs hauts employés. Pour plus de détails lire dans « Le retour des 200 Familles » de Henry Coston, le chapitre III : « Les trusts investissent Vichy ».

[10] M. Peyrouton, ministre de l’Intérieur chargé d’appliquer la loi contre la Franc-Maçonnerie, était lui-même un franc-maçon de haut grade (18e degré, c’est-à-dire Rose-Croix). Le cas Peyrouton n’était pas unique...

[11] « La révolution préventive — lit-on dans le « Pacte Synarchiste » (Proposition 255) — doit donc être installée au coeur de l’État et servie par une élite synarchiste dans un plein esprit de sacrifice ».

[12] Le Pacte Synarchique (proposition 113) précise : « Ententes des consommateurs ou usagers, entente des distributeurs de produits ou de services, entente de producteurs. »

[13] Ce qui explique le nombre relativement important de syndicalistes dans les groupes Coutrot.

[14] On a remarqué que les mots : « humain », « humaniste » reviennent fréquemment dans les écrits de Coutrot. Pour le M.S.E., l’humanisme paraissait être le camouflage doctrinal préféré, ainsi que le montrent ces citations du « Pacte Synarchiste » :

Proposition 85 : « Notre principe international est en résumé : l’émulation dans le risque sous le signe de l’humanisme universel ».

Proposition 231 : « Pour notre jeunesse, l’Empire Synarchique couronne une révolution spiritualiste illuminée d’humanisme intégral ». Proposition 597-8 : « ... nous voulons que l’actuelle révolution mondiale porte les peuples en un mouvement irrésistible... vers une haute civilisation spirituelle marquée du sceau de l’humanisme universel. Cette volonté domine et inspire chaque point fondamental de notre Pacte Synarchique... »

[15] Remarquons que Coutrot s’attribue la paternité du fameux « Plan » (voir « le Plan du 9 juillet et la synarchie »)

[16] Courrier royal, 16-1-1937.

[17] Les adversaires (de gauche) de la Synarchie ont accusé Coutrot et ses amis d’avoir « préparé la défaite ». Action, 23 novembre 1945 ». Les Synarques auraient-ils compté sur une guerre malheureuse pour s’emparer des leviers de commande ? Dans quelle mesure les membres du M.S.E. sont-ils responsables du désarmement de la France au cours des années 1936-1938 ? On ne peut attribuer au seul Coutrot, installé au ministère de l’Économie Nationale, « le sabotage de la défense nationale » que la Droite a reproché au gouvernement du Front Populaire. Le rôle du synarque Pucheu, se prononçant implicitement pour la guerre fin 1938 (il quitta le P.P.F. de Doriot pour protester contre la politique pacifiste de la majorité du parti), parait donner raison à ceux qui accusent la Synarchie d’avoir souhaité la guerre et la défaite. Mais gardons-nous d’un jugement trop hâtif...

[18] Les Nouvelles Continentales publiées à Paris sous la direction de M. Stavnik (de son vrai nom : Jean-Charles Kaltenmarkstavnik, maçon actif et ancien collaborateur du Président Renés, autre maçon), signalaient le 8 avril 1944 qu’un nouveau journal gaulliste, Le Courrier républicain, paraissant en Algérie, invitait le général De Gaulle A exterminer les synarques « La Synarchie, lisait-on dans cette feuille, a toujours ses hommes à Alger. On les trouve dans certains ministères, cachés derrière des masques qui trompent la bonne foi des chefs. Après la liquidation du synarchiste Pucheu, il faut continuer la lutte contre les hommes du Capital. Ce serait une naïveté de croire que cette hydre des temps modernes a été tuée avec Pucheu. »

[19] Henri de Kïllis, qui résista (du Canada) à l’occupant allemand, écrivait dans son ouvrage fameux « De Gaulle, dictateur » (Duchemin, éditeur à Montréal, 1945) : « Passy avait naturellement constitué son entourage avec ses anciens camarades de l’École Polytechnique ou de la Cagoule, choisis parmi les plus aventuriers. Il y avait notamment autour de lui. Corvisart et Bienvenue. » Et il ajoutait, en note : « L’heure n’est pas venue, pour certaines raisons faciles à comprendre, de publier les noms des cagoulards les plus marquants parmi les cadres gaullistes. Tout Londres et tout Alger les ont connus » On sait que l’agent secret de la France Libre. Mme Marie-Madeleine Merle (aujourd’hui Mme Fourcade, dirigeante U.N.R. et secrétaire générale du Comité d’Action de la Résistance) était l’adjointe du chef de la très cagoularde Spirale en 1938-1940. Mais on ne sait peut-être pas que le colonel Passy est aujourd’hui l’un des hauts employés de la banque Worms et Cie.